I’m your venus…. Concordia venus!

2–6 joueurs, 12 ans et +, 60–120 Min
Auteur: Mac Gerdts
Illustrateurs: Marina Fahrenbach, Dominik Mayer
Editeurs: PD-Verlag (Matagot pour la VF)
59,90 € en VF chez Philibert

Sachez tout d’abord que je suis restée très sobre dans le titre de cet article : j’ai évité l’embuscade des jeux de mots faciles sur (au choix ):

  • le corona virus (concordia venus, concordia virus, corona venus…..pffff)
  • toute allusion sur un aspect naufrage côtier ou autre …

Ok, je vous l’accorde c’est pour terminer sur un jeu de mot peu reluisant sur : une marque de rasoir jetable pour femme (qu’amie joueuse tu payes plus cher uniquement à cause de sa couleur, mais autre débat!) ou une chanson des Bananaramas dont seuls les adultes de plus de 40 ans comprendront la référence… Oui, car si tu te dis déjà : « ah non c’était une reprise d’un titre original d’un groupe de rock néerlandais Shoking Blue en 1969 », alors c’est que tu as largement dépassé les 40 ans et il ne vaut mieux pas se l’avouer aussi frontalement ; ou que tu as une culture musicale dite « à accumulation » et alors il devient impératif de faire du tri dans ta tête.

Mais je m’égare…

Concordia premier du nom a déjà quelques années d’existence et constitue un très bon jeu mariant harmonieusement deck-building, une pointe de développement économique et gestion de ressources. Fort de son succès, plusieurs cartes ont été proposées en extension : Gallia et Corsica, Britannia et Germania, Balearica et Italia, Nirvana (ah non , pas encore)…

Il existe même une extension (en VO) pour rajouter une ressource supplémentaire : le sel (Concordia salsa), un forum et encore de nouvelles cartes.

Mais nous allons nous arrêter dans cet article sur la version complète Concordia Vénus (la grande boite rose) : le confinement nous a permis d’explorer ce nouvel achat, fait à Cannes, car nous n’avions pas (shame, shame, shame…) la première version de base. La boite contient donc le jeu de base avec 4 cartes disponibles et les éléments de l’extension « vénus » qui jusque là n’étaient qu’une extension supplémentaire disponible ( en VO ici )

Ce qui saute aux yeux dès l’ouverture de la boite, c’est la simplicité des règles : une notice de 3 feuilles A4, un plan de mise en place séparé, et c’est tout ! Concordia venus s’installe facilement, s’explique clairement et on rentre de suite dans le vif du sujet : le jeu. Cela reste fort appréciable et permet d’oser le sortir avec des joueurs plus casuals de façon très spontanée.

Le système de jeu est « dérivé » de Concordia, mais en dévie peu dans les faits.

Les principales modifications apportées lorsque l’on joue en mode individuel sont :

  • les cartes maîtres : elles permettent d’exécuter de nouveau les actions du rôle sur le dessus de notre défausse (à l’exception du sénateur)
  • les cartes vénus qui proposent une nouvelle façon de scorer : le joueur marque 2 PV pour chaque province où se trouvent au moins 2 de ses villas. Sur les parties jouées, les scores obtenus grâce à cette divinité généreuse ont impacté fortement le total final : à ne pas négliger donc…

Après, on reste dans le classique : à mon tour, je joue un rôle et fait son effet ; en posant le Tribun je récupère toutes mes cartes de la défausse et obtient des revenus selon leur nombre…

Le jeu progresse sereinement et au fur et à mesure de la constitution de notre main et des opportunités sur le plateau, on affine sa tactique et ses choix pour scorer, en se rappelant toujours que les dieux collectionnés à la fin dans notre jeu servent de multiplicateurs de points décomptés sur le plateau (villes construites, provinces occupées, ressources produites …)

plateau à 3 joueurs individuels

Pour optimiser au mieux ses achats de cartes, une tuile panthéon rappelle le nombre d’apparitions des dieux sur les cartes en fonction du nombre de joueurs : indispensable pour contrer l’adversaire qui jetterait trop sa dévotion sur un dieu particulier (oui un jeu qui encourage la tendance monothéiste dans le scorage et très polythéiste dans sa façon de contrer!).

Testé à 5 joueurs, la partie peut facilement dépasser les 2h30 suivant les explications, mais on ne s’en rend même pas compte car les tours s’enchaînent vite et planifier la suite occupe largement l’esprit : du plaisir ludique, tout simplement.

Pour la première prise en main, il est proposé un décompte intermédiaire à effectuer la première fois que vous jouez votre tribun et qui permet de comprendre la façon de compter les points, très utile avec les nouveaux joueurs.

Plateau individuel

Attention, une erreur s’est glissée dans la règle mais la mise en place vous aurait interpellé et je parie que vous auriez vu ce détail : dans la mise en place du joueur, pour distribuer les pièces de départ, le premier joueur en reçoit 5 et chacun après lui 1 de plus (le 2eme 6 ; le 3eme 7 etc.) ; Oui, l’inverse serait vraiment injuste et aurait suscité de nombreux débats avant même le 1er tour !

En version 2 contre 2 (voire 3 équipes de 2!)

La grande nouveauté de Vénus, c’est le jeu en équipe : une version qui met l’accent sur le fait d’être attentif au jeu de son coéquipier pour créer de nouvelles opportunités de victoire. Et on peut y jouer jusqu’à 6 ! Un jeu de ce niveau là à jouer en équipe, c’est surprenant, et intriguant… Il faut optimiser son jeu et sa planification, tout en observant son partenaire pour l’aider également. En effet, ce dernier effectue également le rôle que l’on a choisi (sans dépenser la carte correspondante, précisons-le, et il effectue le second indiqué sur la carte si c’est une carte à double rôle)

3 personnages apparaissent dans le jeu en équipe :

  • le prêteur : équivalant du sénateur en individuel : il permet à chaque coéquipier d’acheter UNE carte sur la piste.
  • le proconsul : le joueur achète une carte sur la piste, puis son partenaire joue une carte de sa main et exécute, seul, les effets.
  • le légat : on « suggère secrètement » à son partenaire un rôle à jouer en regardant sa main

Aucun échange possible de ressources entre les partenaires, exception faite des sesterces pour réaliser une action : dans ces cas là, c’est compte commun et impossible de refuser !

L’auteur incite judicieusement à communiquer le moins possible pendant le jeu, l’expérience n’en est que plus intéressante et le Légat a été créé pour intervenir justement de façon ponctuelle. Évidemment, chacun est libre d’ajuster au départ les tolérances de communications acceptées pendant la partie.

Je trépigne déjà d’impatience à l’idée d’accumuler les parties en équipe à la fin du confinement.

L’élégance et la sobriété antique de Concordia mettent encore plus en valeur sa profondeur et sa fluidité. Le jeu nous laisse en intense réflexion du début jusqu’à la fin. J’apprécie particulièrement ce type de jeu et avoir une version par équipe dans la ludothèque va lui assurer une rejouabilité très très longue.

Bref, Concordia Venus est élégant comme un drapé de toge antique tombant négligemment sur un mollet de tribun (épilé, c’est pas pour l’image mais pour retomber sur mon intro 🙂 … ).

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