LES MARAUDEURS DE MIDGARD : Un viking dans le village.

2–4 joueurs, 10 ans et +, 75 à 90 minutes
Auteur:J.B. Howell
Illustrateur: Yaroslav Radeckyi
Editeur: Grey Fox Games etc
67,50 € en VF chez Philibert

Le grand froid se glisse discrètement dans nos contrées du sud. Chez nous, les toulousains, ces premiers frimas hivernaux s’accompagnent toujours de peurs irrationnelles telles que : ciel qui nous tombe sur la tête, chocolatines qui se transforment dans la nuit en pain au chocolat, arrivées de barbares vikings qui vont dévaster notre terre nourricière.

Aussi pour rester dans la thématique je me décide avec vigueur et joie à déballer mon exemplaire des Maraudeurs de Midgard.

Un clic, une surprise, ici

A ce moment de l’article il est temps de faire un saut dans le temps. J’active donc ma machine à saut dans le temps. Fiiiiiiiooooouuuuuzzzzzzz ! (Les quantas positifs sous l’impulsion de corium se frottent sur les atomes d’oxygène négatifs et ça fait ce genre de bruit assez gênant.)

a X-32, dernier modèle de machine à remonter le temps de chez Samsung. Le noyau de corium est intégré dans les tubes sustenseurs pour offrir une esthétique impeccable.

En 2016 sortait Champions of Midgard. De Grey Fox Games. Les villageois de Midgard sont décimés sous les assauts des Draugr et autres bestioles trollesques d’un temps que les moins de 1500 ans ne peuvent pas connaitre. Midgard en ce temps-là, ne pouvait être défendu que par des champions épiques : vous. On compte donc sur vos muscles et votre absence totale de peur pour faire du nettoyage par le vide.

Mélange de jeu de gestion/pose d’ouvrier assez basique et de pure baston améritrash (le cœur du jeu) à coup de jet de dés, Champions of Migard proposait ainsi un compromis plutôt sympathique et très épique. Il avait les défauts de ses qualités : fluide mais basique. Epique mais un peu répétitif. Nivellement des niveaux des joueurs par le hasard mais hasard… Le jeu n’en avait pas moins un petit goût de reviens-y.

Et nous voilà 3 ans plus tard (mes cheveux sont tombés, ma vue a baissé) avec cette fois nos champions qui se muent en Maraudeurs. Enfin maraudeurs… Pillards oui !!!!

Partez avec votre Drakkar sur des mers inconnues. Ravagez les villages, recrutez des guerriers, massacrez du monstre, soumettez, pillez… N’oubliez pas de nourrir le petit personnel. Devenez Ze Viking. L’incontestable Jarl. Hurlez vers le ciel en vous tapant sur votre torse poilu. (Pour les filles débrouillez-vous)/

Alors quoi de neuf par rapport à l’opus précédent

Déjà rien que dans le pitch on sent que ça va être plus loin, plus fort, plus, plus, plus. J’ai envie de chanter : aller plou haut, aller plou haut oh oh, oh oh.

Idem à l’ouverture de la boite : plus de matos, plus de couleurs, plus de dés. Plus de tout.

Là j’ai peur. Parce que je pense à Disney qui filme des Star wars : + d’actions, + d’effets spéciaux mais absence de scénario. Je croise donc les doigts pour repousser cette malédiction.

J’ai les yeux qui saignent !

Jetons un œil bienveillant mais rapide sur la mécanique 

Le joueur actif choisit une action en plus du bonus lié à la dite action. Les joueurs suivants peuvent faire la même action mais sans le bonus. D’où une micro course au premier joueur pour se placer sur les meilleurs spots en priorité. Car c’est connu les premiers sont toujours les mieux servis à la cantine.

Vous pouvez recruter vos maraudeurs (puis les transformer soit en dés qui deviendront soit en ouvriers, soit en pouvoir permanent), commercer avec les villages (il faudra récupérer de la nourriture pour sustenter vos gros gaillards), vous battre en mer contre les monstres et ramener ainsi des trésors fabuleux, piller le contenu des villages, pour récupérer artefact, upgrades et autre. Piller des forteresses pour un butin de qualité, et enfin soumettre les territoires qui vous ramèneront des ressources. Colons, pillards, guerriers, commerçant. Le viking moderne à plus d’un arc à sa corde.

Ici les dés ne servent plus seulement à combattre, ils sont aussi et principalement vos ouvriers et à la manière d’un jeu à la Feld beaucoup d’actions vous permettront de modifier les résultats du hasard. Il y a aussi un côté dice building qu’il ne vaut mieux pas rater sous peine de se rendre soi-même la partie plus complexe. Et se faire du mal à soi-même et une maladie mentale de classe 4 sur l’échelle de Barjot qui ne compte que 5 barreaux.

Au final on se retrouve avec un jeu de gestion, pose d’ouvriers, mâtiné de collection de cartes/gestion du hasard/dice building. Plus du tout un bon vieil améritrash bien velu qui sent la sueur. L’aspect simple et fluide de Champions est oublié au profit d’une plus grand complexité, d’un jeu plus marqué eurotrash. 

Rien que le plateau marque la différence, là où Champions était lisible, Maraudeurs est surchargé à l’excès. On étouffe sur ce plateau, on se sent à l’étroit rendant en plus les phases de refill particulièrement ennuyantes.

C’est…. Chargé…

Le jeu a basculé du côté cérébral. Les muscles resteront sur le pont d’embarcation du drakkar. Là où Champions pouvait un peu plaire à un peu tout le monde, Maraudeurs ne devrait satisfaire qu’une seul catégorie de joueurs.

Les combats contre les monstres deviennent anecdotiques et vous vous retrouvez  plus dans la peau d’un viking/fermier/pilleur assez classique que d’un héros épique destructeur de monstres mythologiques. Vous pourrez un peu casser des tronches mais à quoi bon quand tant de fermiers sans défenses vous tendent les bras…

Une partie des points de victoires est visible sur la piste en cours de jeu mais c’est à la fin que tout se joue, au moment de la soupe de points. Une belle grosse soupe de points. Personnellement j’avais une réserve cachée de 90 points (diverses collections de tapisserie… Ca fait vachement viking une tapisserie), ce qui m’a permis de gagner haut la main à la grande surprise de mes pauvres adversaires. Il est donc extrêmement difficile de maîtriser (voir impossible) de dire qui gagnera et on finit par jouer en aveugle.

Maraudeurs a subi l’effet Disney. Du plus partout mais au final c’est quand même moins bien. Au mieux c’est autre chose.

Le jeu est classique dans sa catégorie expert/gestion et trouvera son public car il est plaisant à jouer même si le côté épique a totalement disparu. Il y a toujours un grand plaisir de pouvoir gérer son pool de dés et faire mentir le hasard. Il restera quand même dans les différents résultats de vos rapines une part de chance mais rien de bien méchant. La course aux bons emplacements créera une bonne tension autour de la table mais ne comptez pas plus côté interactivité. C’est assez glacial.

Mais, Oh, le grand mais : le jeu se vautre sur la dernière ligne droite. Le comptage des points en aveugle est pour moi totalement rédhibitoire. On ne sait pas qui va gagner et la surprise de la calculette détruit totalement l’aspect gestion. Au final on joue pour soi en espérant faire plus de points que ces adversaires. C’est à ce seul titre que pour moi Maraudeurs est une triste déception.

Conclusion : Maraudeurs de Midgard est un jeu de bonne facture, agréable à jouer du premier tour de jeu à une seconde avant le décompte des points. Après cette terrible seconde… Catastrophe.

Et maintenant demandons l’avis de nos deux autres testeuses.

L’avis d’Angélique joueuse experte détendue et bienveillante  :

Une jeu sans grande envergure épique pourtant attendue vu la thématique. J’ai aimé y jouer cependant. Le décompte de points final sur certains objectifs cachés laisse un goût de défaite amère. Le jeu est beau et se laisse facilement appréhender. Un succès en demi teinte pour moi.

L’avis de GeekLette joueuse experte et ludico-érudite [GeekLette: je n’ai pas choisi ce titre lol]

Reavers of Midgard: malheureusement pas d’effet wahoo comme l’avait été Champions of Midgard. Les combats ne sont pas épiques, l’équipage est trop facile à obtenir ce qui rend les combats trop simples et donc tout le sel du jeu va se porter sur la gestion des pillages. Ni le placement d’ouvriers, ni la partie collection ne m’ont convaincue. Je suis particulièrement dure avec ce jeu car Champions of Midgard est une merveille sur la gestion, l’équipage, les combats ; tellement plus épiques !

C’est ici que vous trouverez vos maraudeurs : ici

mais autant prendre Champions Of Midgard en français et les extensions (qui, elles, sont en anglais par contre).

Et maintenant, ZE MATOS :

Le plateau.
Les périls aquatiques
Re le plateau
Les copains

4 Comments

  1. En tout cas j’ai adoré lire cette critique de ce jeu: tout simplement une merveille (pas le jeu mais l’auteur de la critique). J’ai bien rit et le verbe est tout simplement magnifique….. Hoooo la maraude ( ça me rappel un truc mais je suis plus trop qui ou quoi) Je dis tout simplement bravo ( clap clap clap)….

  2. J’ai le même appareil spatio-temporel dans le jardin (moins cher qu’une Deloreane) mais jamais réussi à revenir ne serais-ce que 10 mns en arrière…. Pouvez vous me donner plus de détails sur ce passage de votre article et cette formidable réussite ?

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  1. Bilan 2019 – GeekLette

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