Bruno Cathala, la vérité est ailleurs

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Article écrit par El Stefano

Le temps de la révélation est enfin arrivé. Ecrire cet article a coûté très cher à la rédaction de GeekLette. Mais notre devoir de vérité l’a emporté sur notre sécurité et sur nos propres personnes. Le temps est venu de vous laisser prendre connaissance de l’horrible vérité et d’en tirer vous-mêmes les conséquences.

Tremblement de terre dans le monde ludique

Un soir de janvier. On tapa à la porte de GeekLette. Le temps qu’elle se lève pour ouvrir, il n’y avait plus personne derrière la dite porte. Seulement une enveloppe déposée sur le paillasson que curieuse et attirée par ce parfum de mystère elle s’empressa de lire.

Voici un extrait de la lettre anonyme que contenait l’enveloppe toute aussi anonyme.

 

« Très chère GeekLette,

C’est avec une terreur glacée mais aussi avec l’espoir de susciter votre intérêt que je vous livre le fruit de ce que seront certainement mes dernières pensées. Je vous écris du dernier endroit libre de ce monde : mon esprit. Mais je suis en train de perdre la bataille et mon âme deviendra bientôt une geôle d’éternelles souffrances indicibles. Aussi, tant que je jouis de ma pleine conscience, je vous remets les informations vitales en ma possession.

Dans ma prime jeunesse mes parents m’envoyaient régulièrement en vacance chez mon grand-père maternel. Je passais le mois de juillet dans sa vieille demeure branlante de Providence dans le plus petit état des Etats-Unis, le Rhode Island. C’est là que le vieil homme m’initia à ces arts obscurs et occultes qui l’obsédaient depuis une dizaine d’années. Je voyais à l’époque tout cela comme les affabulations d’un vieillard un peu sénile, comme un jeu. Grand père mourut alors que j’avais dix ans et je devais ne jamais retourner à Providence.

Arrivé l’âge adulte je découvrais entre autres choses les jeux de sociétés et y prenais le plus grand plaisir. Forcément, comme tout un chacun, je rêvais de rencontrer, entre autres, le fameux et si prolifique Bruno Cathala. C’est à la convention d’Essen que j’eu, ce que je croyais à l’époque, la chance de le rencontrer. Lorsqu’il me serra la main, ce jour-là, les souvenirs et les apprentissages de mon enfance refirent surface tels une madeleine de Proust pourrissante et aigre. Une énergie trop ancienne pour être nommée parcouru mon corps. Nos regards se croisèrent et  je su alors que cet  homme cachait ce qu’il était vraiment.

Dès lors je me jetais à corps perdu dans l’étude ces vieux livres ésotériques que mes parents avaient récupérés à la mort de mon grand-père pour immédiatement, par manque d’intérêt, les oublier dans notre grenier. Tout ce que le vieil homme m’avait enseigné et que j’avais oublié revenait dans mon esprit.

C’est dans le catalogus Asmodeus, livre impie par excellence, que la triste révélation brisa mon âme obnubilée par ma quête. Au milieu de ces lignes écrites par une main tremblante de frayeur, un nom énigmatique parmi tant d’autres me sauta aux yeux : Cthulhu. Le grand ancien, chose abjecte venue de l’espace, échoué au fond des océans dans sa cité maudite de R’lyeh, le Grand Tricheur, le Pipeur de Dés Séculaire. La boursoufflure scandaleuse n’attendant que d’être réveillée pour asservir l’humanité. Le mal incarné trainant dans son sillage mille divinités plus abominables que lui-même.

Il faut prononcer l’imprononçable pour commencer à saisir l’horreur ineffable et bien réelle qui, frisson glacial, s’insinua perversement dans mon cerveau : Cthulhu s’entend, queutoulou.

Je prononçais alors à voix basse, la peur pendue aux lèvres, le nom de Cathala mais en changeant les a par des u. La symétrie sonore secrète m’éreinta dans toute sa monstruosité. Cathala devenait Cuthulu soit, quoutoulou… Non !

La sueur coula abondamment dans mon dos. Je ne pouvais plus nier cette sombre certitude : Cathala était un sombre rejeton de Cthulhu. Son messager et serviteur sur terre, son affidé dévoué… »

Fin de la lettre.

Dans un premier temps GeekLette rigola bien devant ce joyeux canular. Le champ lexical, le papier vieilli, les tâches d’encre… Un gag extrêmement bien préparé, mais rien d’autre qu’un gag.

Pourtant cette nuit-là elle dormi peu. A l’aube naissante elle relu plusieurs fois la lettre et fini par percevoir dans cette missive les prémices d’une vérité que peut être au fond elle avait elle aussi toujours su. Aussi décida-t-elle d’enquêter. Et ce qui débuta comme une simple pochade prit en quelques semaines une ampleur biblique aux relents de prophétie apocalyptique.

GeekLette démarra l’investigation  à partir du site http://www.brunocathala.com/. Et c’est uniquement parce-que la lettre anonyme avait éveillé son esprit qu’elle ressenti à son tour ce frisson de crainte la parcourir lorsque la page web s’afficha enfin.

Tout d’abord la photo d’identité du personnage lui sauta au visage dans toute son étrange singularité.

Il se dégageait du regard de Bruno un quelque chose de malin, une sensation fugace mais persistante de duplicité machiavélique. Il portait en outre un bouc masquant une ébauche de sourire maléfique. Le bouc, représentation païenne du Diable, donc de la puissance maléfique, donc de Cthulhu.

A la lecture de la légende sous la photo les soupçons se confirmaient un peu plus :

« Il faut toujours viser la lune, car en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles (Oscar Wilde) »

La lecture des livres et autres parchemins tels que Filosofia mysteriis ou Der flucke di plucke,  situaient explicitement l’origine de Cthulhu. La chose était originaire des étoiles derrière la Lune, soit d’Aldébaran. Par cette légende Bruno exprimait aux seuls initiés son appartenance au culte. Le profane n’y voyait lui, qu’une citation raffinée expression de la grande culture de Mr Cathala.

La peur au ventre GeekLette continua la lecture du site. Dans  sa biographie Bruno disait être né « le 22 novembre 1963, c’est à dire au moment même de l’assassinat de JF Kennedy. ».

 

Concernant cette date GeekLette fit appel à un cabaliste de renom qui en quelques minutes à peine lui fit cette simple mais ô combien révélatrice démonstration, bien sûr, chiffres à l’appui :

« 22 (Jour de naissance) multiplié par 3 (dernier chiffre de l’année de naissance) est égal à 66. Le 1 et le 9 étant des chiffres égaux à zéro dans la cabale, seront ignorés. Reste le 6 de l’année de naissance qui mit à côté du résultat obtenu précédemment donne le résultat sans appel  de 666. Le chiffre la bête.»

Quant à l’assassinat de Kennedy auquel faisait référence trop innocemment Mr Cathala avec cet humour qui n’est dissimulation, faut-il rappeler que le meurtrier n’a jamais été découvert. Si on s’en tient aux rumeurs conspirationnistes et autres mythes urbains, Kennedy aurait pu être la cible des Petits Gris, une espèce extraterrestre polymorphe qui aurait infiltré les plus hauts sommets du pouvoir. Une piste supplémentaire ?

 

GeekLette en revenait inexorablement au même point. Bruno Cathala était Le Serviteur de Cthulhu sur terre, son sombre rejeton, son exécuteur des basses œuvres. Son but inavouable : regrouper le maximum d’adeptes afin de les sacrifier en masse lors d’un rituel visant à faire remonter des eaux, R’lyeh la noire et d’ouvrir un passage libérateur à Cthulhu. Mais elle ne pouvait y croire, c’était trop irréel pour être vrai. GeekLette ne voulait y croire. Pourtant comme le disait le grand Sherlock, « une fois qu’on a éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela soit, doit être la vérité ». Elle ne pouvait dès lors que se plier à la sagesse holmésienne.

Restait à découvrir les moyens de recrutement de ses futures victimes. A cet instant précis l’insolente réussite ludique de Bruno Cathala lui sauta aux yeux. C’était par sa centaine d’œuvres démoniaques que depuis le début du 21èmè siècle le sulfureux rejeton attirait dans ses filets ses pauvres victimes. Chaque nouvelle boite de jeu contenait une injonction hypnotique sorte de message subliminal, d’ordre inconscient qui s’insinuait toujours plus profondément dans l’esprit des joueurs.

C’est à la fameuse ludothèque d’Arkham Massachussets que GeekLette découvrit les secrets du catalogue de Bruno. Voici ce qu’elle trouva de significatif parmi les productions les plus sacrilèges:

 

Abyss et ses créatures démoniaques du fond des mers, un rappel clair et net à la demeure sous-marine de Cthulhu. Ordre subliminal : aimer Cthulhu

7 wonders duel et ses temples antiques à la gloire de Dieux disparus. Ordre subliminal : vénérer les Dieux déchus

Noé , évocation de la destruction prochaine de l’humanité / apocalypse. Ordre subliminal : accepter l’inéluctable.

Mr Jack, meurtrier sanglant incarnation du mal. Ordre subliminal : aimer les sacrifices

Fourberies… Comment être plus clair que le titre du jeu ? Ordre subliminal : accepter que le monde ne soit pas celui que l’on croit, accepter le mensonge et la duplicité.

 

Et sa dernière création, Imaginarium, la plus évocatrice, la plus méphitique. Il suffisait d’en ouvrir la boite pour y distinguer avec aisance les traces d’une folie grandissante que le créateur ne parvenait plus à contenir. La simple évocation de ce bestiaire terrifiant, de ces pauvres animaux torturés, pourrait faire perdre la raison au plus volontaire d’entre nous. Ordre subliminal  : Vénérer la perversion et l’impureté.

 

Chaque jeu asservissait un peu plus la santé mentale et la volonté des joueurs les vouant par malice et tromperie à l’adoration de la créature du mythe. Sans que personne ne se rende compte de quoique ce soit.

 

L’heure approche mes frères ludiques. Lorsque Bruno les appellera, tous les joueurs du monde entier sous son emprise diabolique viendront se jeter bras ouverts sur l’autel sacrificiel, signant alors l’arrêt de mort de l’humanité et l’avènement du Grand Cthulhu. Son grand œuvre sera accompli et Bruno pourra rejoindre Aldébaran où il vivra pour l’éternité ne laissant derrière lui que les hommes asservis.

 

GeekLette se devait de vous informer. C’est chose faite. A vous désormais d’en prendre acte.

PS : A l’heure où ce bulletin, ce brûlot, est édité nous n’avons plus de nouvelles de notre bien aimée et courageuse GeekLette. L’inquiétude grandit dans nos cœurs et nous avons peur du pire.

Aussi, le premier d’entre vous, qui trouvera où GeekLette a disparu, gagnera une surprise. (Laissez le lieu supposé de sa disparition dans la section contact ou par email : blog @ geeklette.fr). N’allez pas dire Essen, vous allez perdre … c’est plus subtil quand même !

              Vous avez presque deux semaines (jusqu’au 29/10/18 à 23h59). Bonne investigation.

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