Pendant cinq jours, j’ai eu la chance de partager le quotidien de Fanelia au festival Échos & Merveilles.
De l’installation du stand jusqu’au démontage final, en passant par les voitures embourbées, les vêtements couverts de boue, la pluie qui a parfois ralenti l’arrivée des visiteurs et les longues journées derrière les tables d’exposition, j’ai découvert l’envers du décor de la vie d’artiste en festival.
Et malgré la fatigue, les douleurs de dos, les montagnes russes d’énergie — entre périodes d’affluence intense et moments de calme total — ces quelques jours resteront un souvenir exceptionnel.
Entre deux temps morts, nous avons réalisé cette interview, partagé des discussions passionnantes et vu défiler des visiteurs venus rencontrer une artiste qu’ils suivent parfois depuis des années.
J’ai surtout découvert une personne profondément créative, généreuse et incroyablement accessible, entourée de son mari Taharn et de leur adorable bébé, déjà plongé dans cet univers artistique et ludique.
Merci Fanelia pour ton accueil, ta gentillesse et cette parenthèse hors du temps.
Je reste admirative devant ton parcours, ton énergie créative et cette capacité rare à créer du lien partout où tu passes.
Illustratrice autodidacte, autrice, éditrice de jeux d’énigmes et désormais gérante d’une boutique spécialisée, Fanelia possède un parcours aussi atypique que profondément inspirant. Derrière ses créations se cache une enfance baignée de technologie, de jeux vidéo et de culture geek, mais aussi des années de doute, d’apprentissage acharné et une volonté farouche de créer. Rencontre avec une artiste qui a construit son univers, à force de passion et de persévérance.
Une enfance entre technologie, jeux vidéo et créativité
Chez Fanelia, la culture geek n’est pas arrivée avec Internet : elle faisait déjà partie du quotidien familial bien avant que cela ne devienne tendance.
« Chez moi, il y avait des caméras, des ordinateurs, des consoles partout. Mon père faisait de la télévision locale, de la radio pirate, de l’électronique… On baignait complètement dans cet univers-là. »
Son père, passionné de technologie, travaillait dans l’audiovisuel et l’électronique avancée. Très tôt, la famille découvre les premiers ordinateurs, les consoles importées et les logiciels de création.
Atari, Amiga, PC Engine, Super Nintendo modifiée pour lire les jeux américains… Fanelia grandit entourée de machines que peu de gens possédaient encore à l’époque.
« À l’école, les autres ne comprenaient même pas de quoi je parlais quand j’évoquais certains jeux ou certains ordinateurs. Pour moi, c’était normal d’avoir un Amiga à la maison. »
Cette immersion précoce nourrit autant son imaginaire que son goût pour l’image.
Des débuts dans l’image… avant le grand saut artistique
Avant de devenir illustratrice professionnelle, Fanelia multiplie les expériences. Au début des années 2000, elle travaille comme infographiste et webmaster dans une start-up, puis rejoint la télévision locale de son père.
Caméra portée, régie, montage vidéo, habillage télévisuel : elle touche à tous les aspects de la production audiovisuelle.
« J’adorais la régie. Donner les ordres caméra, gérer le direct, préparer les émissions… c’était génial. »
Mais malgré cette proximité avec l’image, le dessin reste encore une passion personnelle.
À cette époque, elle dessine surtout pour elle-même et passe des heures à coloriser des illustrations trouvées sur les forums spécialisés. Peu à peu, elle comprend qu’elle veut aller plus loin.
L’autodidacte qui apprend seule
Sans véritable école d’art — elle ne reste que quelques mois à Créapole avant de devoir abandonner pour des raisons personnelles et financières — Fanelia construit sa formation seule.
Et c’est précisément cette période difficile qui va tout changer.
Après plusieurs années compliquées, marquées notamment par le chômage et une forte remise en question, elle décide de se consacrer entièrement au dessin.
« Je dessinais frénétiquement. Jour et nuit. Je voulais comprendre comment faisaient les artistes que j’admirais. »
À l’époque, YouTube débute à peine. Les tutoriels sont rares, mais elle passe des heures à analyser les techniques des artistes qu’elle admire, notamment Sakimichan.
Elle travaille alors le réalisme en reproduisant des visages, des personnages de films ou encore des photos.
« Entre 2008 et 2012, j’ai fait un bond énorme. J’ai énormément progressé parce que je pratiquais sans arrêt. »
Le rêve du jeu vidéo
Le jeu vidéo reste pourtant l’objectif ultime.
Depuis l’enfance, Fanelia nourrit une fascination profonde pour cet univers. RPG, RTS, jeux de gestion, MMORPG… elle joue énormément et considère encore aujourd’hui le jeu vidéo comme une véritable source d’inspiration.
« Je voulais absolument travailler dans le jeu vidéo. J’ai envoyé des tonnes de candidatures, mais ça n’aboutissait jamais. »
Le premier vrai déclic arrive finalement en 2012.
Un ami lui parle alors d’une opportunité chez le studio japonais Cygames, qui recherche des illustrateurs occidentaux pour travailler sur Rage of Bahamut, un célèbre jeu mobile.
Elle est engagée pour réaliser des cartes évolutives destinées au jeu.
« C’était mon premier vrai travail d’illustration professionnelle. Et paradoxalement, il venait du Japon. »
Cette expérience lui redonne confiance.
« Je me suis dit : finalement, je peux y arriver. »
Les débuts en salon : l’aventure des artbooks
Faute de réussir à intégrer un studio, Fanelia décide alors de créer elle-même ses propres projets.
Pendant plusieurs années, elle accumule illustrations et expérimentations graphiques. Elle finit par réunir suffisamment de contenu pour concevoir son premier artbook.
Le projet naît dans une période pourtant compliquée : une opération de la thyroïde et une longue convalescence.
« Comme je ne pouvais quasiment pas bouger, je suis restée devant mon PC à construire mon livre. »
Mise en page, sélection des images, préparation des fichiers pour l’impression… elle apprend tout seule.
Puis vient la première Japan Expo.
Grâce à une amie qui lui prête un petit bout de stand, elle expose pour la première fois ses créations.
Et contre toute attente, le succès est immédiat.
« J’ai été sold out dès le jeudi après-midi avec mes tableaux forex. »
À l’époque, très peu d’artistes utilisent encore ce type de support grand format. Inspirée par une émission de décoration, Fanelia comprend rapidement le potentiel visuel du forex.
« Je voulais que les gens puissent accrocher mes illustrations comme de vrais tableaux chez eux. »
Son premier artbook s’écoule lui aussi entièrement pendant le festival.
« C’était la première fois que des gens venaient me dire en vrai qu’ils aimaient mon travail. »
Une créatrice nourrie par la culture geek
Au fil de la discussion, une chose devient évidente : toute l’œuvre de Fanelia est profondément liée à la culture geek des années 80 et 90.
Club Dorothée, consoles rétro, animation japonaise, fantasy, MMORPG… tout se mélange dans son imaginaire.
World of Warcraft occupe notamment une place particulière.
« WoW m’a à la fois sauvée et perdue. Quand ça n’allait pas, c’était ma safe zone. »
Cette passion influence directement son travail artistique, mais aussi sa vision du jeu et de la création.
Aujourd’hui encore, elle rêve de collaborer avec un studio de jeu vidéo.
« Mon but ultime, ce serait de participer à la création d’un vrai gros jeu PC. »
Entre illustration, édition et boutique de jeux
Depuis ses débuts dans les conventions, le parcours de Fanelia n’a cessé d’évoluer.
Illustration, autoédition, création de jeux d’énigmes, événements, boutique spécialisée… elle construit progressivement un univers complet autour du jeu et de l’imaginaire.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence de son parcours : chaque étape semble prolonger naturellement la précédente.
Son enfance technophile a nourri son amour du jeu vidéo.
Son obsession du dessin l’a menée à l’illustration professionnelle.
Ses expériences en salon l’ont poussée vers l’édition.
Et son goût du partage l’amène aujourd’hui vers la boutique et la communauté ludique.
Les jeux d’énigmes
Au-delà de son travail d’illustratrice, Fanelia s’est également fait connaître dans l’univers ludique grâce à ses livres et jeux d’énigmes, mêlant narration, réflexion et univers visuels très marqués.
Parmi les projets qui ont particulièrement marqué la communauté des amateurs d’énigmes, difficile de ne pas citer La Clef : Tome 1 – Astolie, dans lequel Taharn (son mari) est à l’écriture. À mi-chemin entre le livre illustré, le récit de dark fantasy et le jeu d’énigmes, l’ouvrage propose plus de 70 énigmes (difficiles) intégrées directement dans ses illustrations et son univers narratif. Particularité du projet : certaines informations sont cachées à l’encre invisible et se révèlent à l’aide d’une lampe UV fournie avec le livre. Avec son esthétique très travaillée et son approche volontairement atypique — sans véritables énoncés classiques — La Clef s’est rapidement forgé une identité à part dans le paysage des jeux d’énigmes narratifs. Le premier tome, Astolie, pose les bases d’un univers fantasy en déclin et raconte la naissance du mystérieux personnage principal, dans une aventure pensée autant pour les amateurs de réflexion que pour les passionnés d’univers visuels immersifs.
« Seuls 2 % des joueurs seraient parvenus au bout de La Clef – Tome 1, preuve d’un ouvrage particulièrement exigeant. Mais cette difficulté était totalement assumée : l’objectif était de proposer une expérience durable, capable d’accompagner les joueurs pendant plusieurs mois. »
Si Fanelia a poursuivi l’univers de La Clef avec un second tome publié il y a près de deux ans, elle a également marqué les familles avec Magicarta : Le Fantôme de la Sorcière, un jeu coopératif mêlant narration évolutive, exploration et résolution de mystères dans un univers fantasy accessible dès 10 ans. Le joueur y incarne le fantôme d’une sorcière cherchant à retrouver la mémoire à travers 24 énigmes et une aventure progressive pensée pour toute la famille.
Fanelia a aussi publié Le Secret de la Fleur Éternelle, un jeu d’énigmes poétique et éco-responsable mêlant observation, déduction et jardinage. À travers dix cartes illustrées, les joueurs doivent résoudre un mystère végétal avant de planter une carte ensemencée afin de découvrir si la bonne fleur éclora réellement. Une proposition atypique et contemplative, très éloignée des formats d’enquête classiques, qui reflète parfaitement l’univers onirique et sensible de l’autrice.
Plus récemment, Fanelia a également édité Mémoires d’une Chamane, un projet collaboratif réunissant plusieurs artistes reconnus de la scène ludique et graphique. On y retrouve notamment Baptiste Derrez — auteur avec qui elle avait déjà travaillé sur plusieurs projets de puzzles énigmes — ainsi que les illustratrices Senri et Jin Ruukyu, cette dernière étant également connue pour son travail sur la bande dessinée Princess Sara (tomes 7 à 12 si je ne me trompe pas). Le résultat donne un livre-jeu immersif mêlant énigmes visuelles et bandes-son audio dans un univers inspiré des steppes et du chamanisme. Chaque double page invite les joueurs à observer, écouter et déduire afin d’aider une jeune chamane à retrouver les prénoms des membres de sa tribu ainsi que l’animal totem associé à chacun d’eux.
Avec ce projet, Fanelia confirme sa capacité à s’entourer de talents complémentaires pour proposer des expériences ludiques particulièrement originales et soignées visuellement.
Une boutique pensée comme un lieu de vie
Depuis 2023, Fanelia a également ouvert une boutique-café jeux avec son mari Taharn et un ami proche Lilian.
« Ça joue« , installée au cœur de Morteau, dépasse largement le simple cadre d’une boutique spécialisée.
« On voulait surtout créer un endroit où les gens puissent se retrouver, jouer ensemble et découvrir des jeux sans pression. »
Le concept repose sur un mélange entre boutique, espace de découverte et café-jeux familial.
Pas d’alcool ici : uniquement des boissons chaudes, des boissons fraîches, quelques gourmandises et surtout de grandes tables où tout le monde peut venir jouer.
« Si tu mets une ambiance de vrai bar, les familles ne viennent plus. Nous, on voulait un endroit accessible aux enfants, aux parents, aux grands-parents… »
Et cette vision semble fonctionner.
Aujourd’hui, la boutique accueille aussi bien des joueurs experts, des amateurs de jeux de rôle, des habitués du TCG que des familles venues simplement passer un bon moment.
Mais ce sont surtout certaines scènes du quotidien qui semblent marquer Fanelia.
« Le plus beau, c’est de voir les mamies se réunir ici. »
Au départ hésitantes, plusieurs habituées se retrouvent désormais régulièrement pour découvrir ensemble de nouveaux jeux de cartes.
« Elles viennent, elles jouent, elles rigolent… et après elles repartent avec des jeux pour leurs petits-enfants ou leurs proches. »
Pour Fanelia, l’une des plus grandes barrières dans le jeu de société reste souvent l’apprentissage des règles.
C’est pourquoi l’équipe prend le temps d’expliquer les jeux.
« Quand les gens savent qu’on va leur expliquer et qu’ils ne seront pas seuls devant une boîte compliquée, ça change tout. »
Le lieu organise également des soirées thématiques, des blind tests, des tournois de puzzle, des événements TCG officiels, des soirées quiz ou encore des initiations au jeu de rôle.
Une approche très communautaire qui reflète parfaitement sa vision du jeu : un moyen de créer du lien social avant tout.
Les futurs projets : une maison d’édition en pleine effervescence
Aujourd’hui, Fanelia développe plusieurs projets à travers sa maison d’édition, avec une ligne très marquée : des jeux accessibles, originaux et fortement centrés sur l’expérience sociale.
Le premier à arriver sera Cartolero, un jeu d’ambiance familial édité et distribué par Ludistri.
Le concept est aussi simple qu’efficace : les joueurs s’affrontent en équipes et doivent lancer des cartes vers des cibles placées sur la table adverse. Mais la vraie idée du jeu vient des contraintes de lancer.
« Les lancers sont imposés. Tu peux devoir lancer en faisant un dab, en fermant un œil, dans des positions improbables… et c’est ça qui devient complètement chaotique et drôle. »
Pensé comme un véritable « brise-glace », Cartolero vise les grandes tablées, les soirées entre amis ou les moments familiaux.
« Tout le monde va être nul au jeu. Et c’est précisément ce qui le rend drôle. »
Le titre devrait sortir à l’automne prochain dans la gamme de jeux d’ambiance de Ludistri.
Autre projet plus atypique : Photominos.
Le jeu repose sur de petits dominos illustrés avec lesquels les joueurs doivent créer des mises en scène, les prendre en photo et les partager avec leurs proches.
« C’est un jeu pensé pour garder le contact avec les gens, créer un prétexte pour échanger, partager quelque chose ensemble. »
Avec ce concept hybride entre créativité, photo et interaction sociale, Fanelia cherche clairement à sortir des cadres classiques du jeu de société.
Mais le projet le plus ambitieux reste probablement Diorama Street, prévu pour 2027.
Cette fois, il s’agit d’un véritable jeu coopératif de construction où chaque joueur assemble un décor miniature en relief à partir d’éléments cartonnés.
« Chaque joueur construit son propre diorama sans voir celui des autres. Il faut échanger des ressources, négocier, coopérer et satisfaire des objectifs communs. »
Le concept mélange troc, gestion légère et construction visuelle en 3D.
L’idée d’utiliser des structures en carton verticales pour créer de véritables petites scènes donne immédiatement une identité forte au projet.
Au-delà du jeu de société, Fanelia continue également de développer son univers artistique.
Une collection d’une quinzaine de pins fantasy devrait ainsi voir le jour prochainement via une campagne participative.
Animaux armés, univers mystiques, esthétique bleu et or inspirée du tarot et de la fantasy moderne : cette nouvelle collection prolongera son travail d’illustratrice dans un format plus accessible.
« Je veux que ce soit des objets qu’on ait envie de collectionner mais aussi de porter ou d’exposer. »
Une passion construite à force de persévérance
L’histoire de Fanelia rappelle surtout qu’il n’existe pas une seule voie pour réussir dans les métiers créatifs.
Sans réseau, sans diplôme prestigieux et avec un parcours parfois chaotique, elle a bâti sa carrière seule, à force de travail, de curiosité et d’obstination.
« Si les studios ne voulaient pas de moi, alors j’allais créer mes propres projets. »
Une philosophie qui résume parfaitement son parcours.
Et quand on voit aujourd’hui l’étendue de ses activités dans l’univers ludique, difficile de ne pas admirer cette énergie créative devenue, avec les années, une véritable aventure entrepreneuriale.
Merci Fanelia et Taharn pour votre accueil durant ces 5 jours.
Mention spéciale à Echos et Merveilles, festival qui accueille aussi les chiens que Fanelia aime beaucoup, à tel point qu’elle les laissait monter sur le stand :
Concours
Nous organisons un concours pour gagner le tapis souris Renard Roux de Fanelia de 60×40 cm. Pour participer, il faudra juste laisser un commentaire, avant le vendredi 29 mai 23h59, en dessous de cet article en indiquant quel jeu cité ici vous ferait le plus plaisir et pourquoi.
Une seule participation par foyer s’il vous plait. Le tirage au sort aura lieu le 30 Mai. Les participants doivent avoir une adresse en France ou en Belgique pour l’envoi.
Une chance supplémentaire de gagner pour ceux qui me suivaient déjà sur Facebook avant cet article (il suffit d’indiquer votre nom prénom soit dans le mail – pour le cacher – soit dans le commentaire soit par mail blog …AT… geeklette.fr , je ferai le rapprochement via le mail indiqué pour le commentaire).
Bonne chance à tous !











Bonjour à tous, chaque commentaire est soumis à une validation, ne vous inquiétez donc pas de sa publication tardive 🙂
Très sympa cet article.
J’étais tombé sur son site quand je cherchais un tapis de jeu il y a quelques années mais je n’avais pas investi finalement. J’adore la DA de tout ce qu’elle fait. C’est bien de le mettre en avant
Le livre jeu mémoire d’une chamane est celui qui me ferait le plus plaisir. Je ne cherche pas autant de complexité que dans « la clef » et le côté hybride (avec appli) peut être intéressant !
Dans les prochains projets je dirais Cartolero qui peut vraiment être sympa
Salut, diorama a l’air pas mal avec le coté 3D curieux de voir le rendu final =)
J’adoooore cet univers!! Que de belles illustrations! Et ce tapis souris…..!
Le jeu qui m’a dernièrement vraiment fait de l’oeil c’est « Le secret de la fleur éternelle ». Cest une évidence pour moi : j’aime beaucoup les jeux d’énigmes et le jardinage! Alors, cette idée de planter ma réponse!
Fanelia et Taharn sont des personnes avec le cœur sur la main.
Ces deux artistes ont une imagination débordante et des idées originales.
J’attends avec impatience tous leurs nouveaux projets ! 🙂