Verdict Ludique d’Avril : Les jeux qui vont rester (et ceux qui repartent)

Verdict Ludique d’Avril : Les jeux qui vont rester (et ceux qui repartent)

 

Le mois d’Avril a été parsemé de petites douceurs, de gros jeux bien difficiles, et d’un festival.

Voyons tout ça en détail !

Le festival Ludiverse

Le festival Ludiverse se veut exhaustif, mais pour la communauté « jeux de société », le compte n’y était pas. Malgré une belle mise en avant du JDR et de la figurine, la partie plateau a été, selon moi, sacrifiée. Pour les amateurs de jeux de plateaux « velus », le désert était réel ; seul The Voynich Puzzle a su tirer son épingle du jeu, merci à Pixie !

Si le public familial ou initié a pu y trouver son compte, j’ai personnellement souffert du manque de stands dédiés. Ma déception est à la mesure de la qualité affichée par les autres univers du festival. J’espère sincèrement que le jeu de plateau bénéficiera d’une place plus généreuse lors des prochaines éditions.

Mon Salut ? je le dois à Fanelia et son mari Taharn qui ont transformé ce rendez-vous en une aventure humaine bien marrante (les affiches qui tenaient pas) !

Les jeux joués au mois d’Avril

Shackleton Base  (2 parties sur 16 jouées)

Evidemment, pour offrir à cette extension un article des plus détaillés, il a fallu jouer à ce jeu et j’admets volontiers avoir passé de superbes parties. Je trouve ce jeu d’une telle justesse sur tout (illustration, mécanique, modules-corpo) qu’il s’est hissé dans mon top 10 de tous les temps.

Avis détaillé ici.

💡 Fabio Lopiano, Nestore Mangone
🎨 David Sitbon
👥 1-4 joueurs
⌛ 60-120 min
👩‍👦 14+

Jeu de base disponible chez nos partenaires Ludum (moins cher si abonné), Philibert

Extension disponible chez nos partenaires LudumPhilibert

Covenant (2 parties sur 6 jouées)

L’un de mes plus gros coups de cœur d’Essen 2025 ! Déjà 6 parties au compteur, dont deux encore ce mois-ci. Mon article est brûlant et prêt à être partagé, mais puisque la version française arrive chez Iello dans quelques mois, je préfère garder le suspense encore un peu pour coller à la sortie !

Je vous spoile un peu le début de l’article :

Vous jouez des nains qui doivent reprendre Karrak-Sür-Kazar des mains des forces obscures. Cette montagne sacrée et ancestrale est occupée par des horreurs telles que les goblins, les orcs et les trolls. Mais rassurez vous, euro gamers, il n’y a pas de combat 🙂 C’est un jeu de pose d’ouvriers dont vos ouvriers de niveau 1 en début de partie, se renforcent petit à petit 🙂

À première vue, le contrat semble serré : la partie est composée en 3 manches, et chaque joueur ne dispose que de 4 nains par manche (pas un de plus). Faites le calcul : vous n’aurez que 12 actions pour toute la partie. C’est court, c’est tendu, et c’est là que le génie de Millán opère. Car si le nombre d’actions est limité, leur impact, lui, est exponentiel.

Dans Covenant, on ne se contente pas de poser un ouvrier pour récupérer trois cailloux. On pose un nain sur un outil pour déclencher une action, parfois bonifiée si l’outil est serti, et si l’action est bien choisie, elle va activer une autre action (voire 2), une capacité de parchemin, un bonus si on monte sur une piste etc… Bienvenue dans une véritable machine à combos où chaque décision doit être pesée pour créer l’enchaînement le plus prolifique possible.

Au début de la partie, vous disposez de 4 outils principaux sur votre plateau personnel. Vous pourrez forger de nouveaux outils mais ce n’est pas une action principale de forger, c’est une action bonus à aller chercher !

1–4 joueurs, 14 ans et +, 100 Min
Complexité BGG : 3.71 / 5
Auteur: Germán P. Millán
Illustrateur: Enrique Fernández Peláez
Editeur: Devir (Iello pour la VF)

Covenant dans les boutiques Ludum et Philibert

Forestry (2 parties)

Deux parties en deux jours ! Si Forestry n’avait pas totalement convaincue la team lors de notre « Essen à la maison », il m’avait laissé un goût d’inachevé. Je voulais absolument me faire mon propre avis et j’ai bien fait : la première approche avait été biaisée par quelques erreurs de règles. C’est le risque quand on enchaîne douze livrets de gros jeux en quatre jours…

Heureusement, cette deuxième chance a été la bonne. Bien que Forestry n’invente rien et ne propose pas de « twist » révolutionnaire, il excelle dans ses mécaniques qui sont connues, certes, mais le jeu est impeccablement calibré. À tel point que l’envie d’y retourner est toujours là !

Il y a 9 ou 10 manches (selon nombre de joueurs) et à chaque manche, les joueurs disposent de 1 seul tour de jeu et d’un budget serré de 3 points d’action (qu’il est possible d’augmenter légèrement via des améliorations ou en payant des pièces).

Vous gérez deux pions sur le plateau :

  • Le Harvester (Moissonneur) : Il se déplace sur les cases hexagonales de la forêt pour récolter du bois (Chêne, Pin, Hêtre, etc.), replanter des semis, entretenir la forêt ou construire des structures forestières.

  • Le Sawmill Manager (Gestionnaire de Scierie) : Il se déplace dans la zone administrative pour récupérer des contrats, transformer le bois (séchage, rabotage, décapage) et valider les commandes.

Il y a des actions plus couteuses que d’autres évidemment mais tout est bien ficelé car vos points d’actions peuvent utiliser le moissonneur et / ou le gestionnaire de scierie et surtout dans n’importe quel ordre : vous pouvez récupérer un contrat, récolter du bois, transformer ce bois, etc … donc vous jonglez entre vos deux pions comme vous le souhaitez.

Ce qui séduit dans Forestry, c’est l’exploitation remarquable de son thème : on récolte, on replante, on entretient… Mais au-delà de l’immersion, c’est sa mécanique, bien que classique, qui brille par son équilibrage. Le nombre d’actions est si restreint qu’il crée une tension permanente, rendant chaque choix crucial. Du coup, il faut aller chercher des points d’actions supplémentaires mais on a toujours envie de faire autre chose. La manipulation des jetons sur le plateau personnel apporte un vrai plaisir tactile alors que l’on voit sa scierie prospérer.

Les pouvoirs asymétriques (à utiliser dès votre première partie) sont aussi vraiment intéressants !

Le système de scoring est particulièrement malin : une piste de multiplicateurs à grimper, couplée à des jetons spécifiques (qu’on va chercher via les constructions sur l’eau) pour personnaliser sa stratégie. On apprécie aussi les cartes multi-usages, à jouer pour un bonus immédiat ou à conserver comme objectif.

Petit bémol toutefois : le downtime peut s’avérer pesant. Comme on doit épuiser tout son quota d’actions avant de passer la main, le jeu gagne en complexité et en temps de réflexion à mesure que l’on débloque des points d’action supplémentaires. Cela demande une planification rigoureuse qui ne plaira pas forcément aux amateurs de parties ultra-rapides, mais quel plaisir de voir une machine bien huilée !

Ravie de lui avoir laissé une seconde chance.

1–4 joueurs, 13 ans et +, 70–120 Min
Complexité BGG : 3.27 / 5
Auteur: Michal Peichl
Illustrateur: Michal Řezníček
Editeur: Pink Troubadour

Disponible en anglais chez Philibert

Red Notice (2 parties)

2ème partie de ce Red Notice qui s’en tire extremement bien et pas seulement parce que son matos est dingue ! Sa mécanique est génialissime.

C’est un jeu type « attrape moi si tu peux ».

Un contre un, l’une des joueuses va jouer l’agente du FBI qui tente d’attraper 3 fois la faussaire qui, elle, doit encaisser 1 Million en chèques pour gagner.

La mécanique est superbement gérée :

  • les joueuses piochent 3 jetons de poker de différentes valeurs ou pas héhé (et les regardent en secret)
  • A tour de rôle, elles vont poser un jeton face cachée (jeton de poker qui comporte une valeur de 1 à 5 ou un POW!)
  • Ces jetons sont à poser en face de chaque carte action du plateau.
  • Une fois tous les jetons posés, on va regarder carte par carte qui a le jeton le plus élevé, le joueur qui a le jeton le plus élevé pourra faire les deux actions de la carte en commençant par l’action la plus proche de son jeton. L’autre joueur pourra faire une seule action de la carte (l’action la plus proche de son jeton). Si le jeton POW est présent, le propriétaire gagne les 2 actions et l’adversaire ne pourra rien activer aucune action. S’il y a égalité, chaque joueur jouera l’action la plus proche de son jeton.

Red Notice est un titre particulièrement déstabilisant par la tension constante qu’il impose aux deux adversaires. Que vous soyez dans la peau de l’agente du FBI ou de la faussaire, l’instinct de traque ou de survie prend le dessus à chaque instant ! L’agente gagne en puissance au fil des tours, faisant monter la pression d’un cran à chaque action. La victoire n’en est que plus savoureuse : quand on réussit son coup, on ressent une véritable fierté

2 joueurs, 10 ans et +, 20–40 Min
Complexité BGG : 2 / 5
Auteurs: Gautier de Cottreau, Baptiste Laurent
Illustratrice: Amélie Guinet
Editeur: Catch Up Games

Red Notice disponible en boutique LudumPhilibert

 

Got Five (5 parties)

Le concept est redoutablement efficace : vous devez être le premier à identifier les 5 valeurs secrètes de vos jetons cachés. Vous ne connaissez que leur couleur.

À votre tour, vous piochez un jeton face cachée et l’ajoutez à la réserve visible de tous. C’est une information publique : tout le monde raye alors cette valeur sur sa grille de déduction personnelle. Mais le vrai sel du jeu arrive ensuite, quand vous choisissez un jeton visible pour obtenir des indices sur votre propre jeu via deux actions possibles :

  1. Vous demandez à placer le jeton choisi entre deux de vos jetons masqués. Cela vous permet de situer vos valeurs secrètes par rapport à celle-ci (par exemple, déduire que tout ce qui se trouve à gauche est forcément d’une valeur inférieure).

  2. Vous posez le jeton choisi directement SUR l’un de vos jetons cachés. Vous demandez alors si le nombre de points du jeton visible correspond exactement à celui de votre jeton secret.

C’est ce mélange entre repères de grandeur et vérifications ciblées qui rend chaque tour crucial. On avance dans le brouillard !!!

Got Five réussit le tour de force d’être à la fois ultra-accessible et profondément stimulant. C’est un véritable duel de « cerveaux » : on passe son temps à scruter le moindre indice.

Ce jeu possède ce côté extrêmement gratifiant des grands jeux de déduction : plus on enchaîne les parties, plus notre cerveau « déverrouille » de nouveaux automatismes logiques. On finit par avoir des révélations soudaines : « Ah, mais si le vert est positionné tout en bas, c’est qu’il ne peut pas avoir la plus forte valeur ! » C’est un exemple simple, car je ne veux pas vous spoiler, mais cette montée en compétence est un pur régal.

2–4 joueurs, 8 ans et +, 15 Min
Complexité BGG : 1.33 / 5
Auteur: Yoann Levet
Illustrateurs: Mathieu Clauss, Simon Douchy
Editeur: Blue Orange

Got Five en boutique Ludum, Philibert

Keyside (1 partie)

Keyside est difficilement résumable. En gros, il se déroule sur une île animée disposant de 12 ports. Le jeu se déroule en 3 manches (années). Vous utilisez vos dés (choisis ou imposés en début de manche) pour diriger des bateaux vers des ports spécifiques ou pour « suivre » l’action d’un autre joueur.

Une fois qu’un joueur n’a plus de dés, il va commencer à activer un port par tour : Si vos ouvriers / keyples y sont présents, ils récoltent des ressources (bois, pierre, blé), des animaux ou construisent des bâtiments (chaumières, maisons)…

SAUF QUE (ce jeu me rend dingue!!!) si un joueur active le port de construction et qu’à ce moment là vous n’avez pas le bois ou le métal pour construire => vous n’avez que vos larmes pour pleurer mdr

On est DONC très investi durant le tour des autres grâce à la mécanique de « suivi ». Ce n’est pas un « solitaire multijoueur », l’interaction est réelle et peut être punitive par moment (surtout à des moments cruciaux).

En plus et heureusement, on peut gagner par des voies très différentes.

Et enfin, malgré son poids (jeu expert), les tours s’enchaînent bien une fois que la mécanique de dés et ports est comprise.

Keyside est un jeu dont les forces sont, paradoxalement, ses plus grandes faiblesses pour certains. Son aspect extrêmement mathématique et son thème assez discret — malgré quelques constructions plaisantes — ne feront pas l’unanimité. Pourtant, j’ai éprouvé une satisfaction rare : c’est un jeu profondément gratifiant où l’on s’amuse « intelligemment ». J’ai ressenti une pointe de fierté presque égoïste en réussissant certains coups.

Envie de rejouer ? OUI ! Par contre, sur 3 joueurs, 2 ont apprécié. Du coup, je ne sais pas quand je pourrai le ressortir.

1–4 joueurs, 14 ans et +, 90–120 Min
Complexité BGG : 3.89 / 5
Auteurs: Richard Breese, Dávid Turczi
Illustratrice: Vicki Dalton
Editeur: HUCH!, R&D Games (Intrafin pour la VF, Novembre 2026)

Keyside en boutique Ludum, Philibert

Men-Nefer (1 partie)

À travers trois époques, vous allez ériger des pyramides, commercer sur le Nil, faire des offrandes, momifier des dignitaires et inscrire votre nom dans l’Histoire pour obtenir le plus de points de victoire (Prestige).

Men-Nefer a été une révélation, notamment grâce à ses mécaniques. D’abord, le système de choix de tuiles est un vrai nœud au cerveau : à votre tour, vous devez décider si vous jouez une action immédiatement OU si vous réservez une tuile pour la manche suivante. Anticiper le futur alors qu’on croule déjà sous les possibilités du présent, c’est un défi passionnant !

Ensuite, la gestion des ouvriers est redoutable : plus une zone est fréquentée, plus le coût explose. Le timing devient alors obsessionnel : on surveille le plateau adverse pour savoir quand frapper sans se ruiner. Bref, tout est imbriqué, tout semble indispensable… c’est une excellente surprise où chaque rouage est parfaitement huilé.

1–4 joueurs, 14 ans et +, 60–120 Min
Complexité BGG : 3.69 / 5
Auteur: Germán P. Millán
Illustrateur: Laura Bevon
Editeur: Ludonova

Men-Nefer en VF chez Ludum, Philibert

Luthier (1 partie)

Dans Luthier, vous incarnez des maîtres artisans au XVIIIe siècle, l’âge d’or de la musique classique. Votre objectif est de gagner en prestige en fabriquant des instruments d’exception (violons, violoncelles, clavecins), en attirant des mécènes célèbres (Bach, Mozart) et en gérant votre réputation à travers l’Europe.

C’est un jeu de placement d’ouvriers. Vous placez des jetons de mise face cachée sur différentes actions. Non seulement vous choisissez l’action, mais vous déterminez sa force, ce qui crée une tension énorme lors de la révélation car le premier à faire l’action sera celui qui a mis le jeton de plus haute valeur.

MAIS (ben oui , il y a un MAIS), une fois les jetons posés, chaque joueur va activer une action à son tour. Sauf que c’est pas forcément l’ordre souhaité par tous ! C’est cette mécanique qui m’a plu…. au début…

Car j’ai un avis très partagé sur Luthier. Tout le reste est superbement exécuté, mais cette mécanique spécifique a totalement brisé mon expérience : la possibilité pour un adversaire de balayer mes deux meilleurs coups de fin de partie, presque sans effort, en choisissant une action que je ne voulais pas faire de suite. Thématiquement, ce système d’actions forcées manque de cohérence à mes yeux. Ce sentiment d’impuissance face aux choix arbitraires des autres a été rédhibitoire : j’ai revendu le jeu dans la foulée, malgré de nombreux points positifs.

1–4 joueurs, 14 ans et +, 90–150 Min
Complexité BGG : 3.78 / 5
Auteurs: Dave Beck, Abe Burson
Illustrateurs: Vincent Dutrait, Guillaume Tavernier
Editeur: Paverson Games (LDG pour la VF)

Luthier en boutique Ludum, Philibert

Les autres jeux déjà bien connus

  • Déjà chroniqué en mars, Natera : New Beginning a été rejoué et franchement il va devenir un jeu régulier. Dommage que l’on en parle pas plus. La mécanique est simple et ensuite tout est dans les cartes. Les joueurs ont du avoir peur que les cartes ne soient pas assez riches et pourtant c’est bien le cas.
  • Masters of Renaissance: on y joue régulièrement depuis plusieurs années
  • Stonespine Architects : idem, on y joue régulièrement depuis qu’il est sorti en anglais. Depuis la VF a rejoint les rayons des boutiques 🙂
  • Las Vegas : notre jeu familial par excellence (avec les dés blancs évidemment !!!)
  • Schotten Totten : j’ai appris le jeu à mon neveu et ma nièce (les petits, pas les grands héhé). C’était marrant de les voir jouer surtout quand ils piochaient la carte qui leur manquait.
  • Dixit : j’ai pris une sacrée raclée… donc on va vite oublier hein

Les jeux du mois prochain

Rassurez vous, l’image générée par IA (comme celle ci-dessus) sera remplacée, pour les mois suivants, par les templates que Hervine est en train de préparer pour le blog et les publications insta 🙂

Le festival de l’Alchimie va nous permettre de découvrir Leda (Yoel, l’auteur sera présent pour les dédicaces, c’est une belle avant-première), Feya’s Swamp et je pense profiter de la présence de Pat’ (expert de Pandemic) pour découvrir la version du Seigneur des Anneaux (j’espère qu’il sera jouable au festival).

Au festival de l’Alchimie, je vais me procurer Mémoires d’une Chamane de Baptiste Derrez et Fanelia (c’est un livre d’énigmes visuel et audio plus accessible que la Clef , nous allons le décoder en famille ^_^ ).

En plus de l’Alchimie, j’aimerai vraiment jouer à Kikai, je n’ai joué qu’à la version originale et j’ai récupéré les Kikai en bois à Cannes. Je bave devant le jeu depuis tellement longtemps.

En mai, j’ai aussi noté quelques sorties VF à ne pas rater :

Mon actu préférée

Vous le connaissez certainment déjà mais je suis en charge de boardgame.fr . Ce site est un agrégateur d’actualités ludiques.

Ma news préférée est l’annonce de Excursions, c’est un Galactic Cruise en 1h.

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