Quand la traduction se professionnalise – Interview d’Antoine Prono de Transludis

Nous avons rencontré Antoine sur le stand de Funforge à Cannes, cette année. Il nous a présenté les règles de Zone-A. Il l’avait lui-même traduit. Et quand nous avons acheté Nemesis, il a proposé une session jeu avec explications. Comme à Essen ou à Cannes, on a sauté sur l’occasion car la lecture des règles n’est pas une partie de plaisir pour tout le monde 🙂

Après une partie sanguinaire à tenter de récupérer des cadavres, éteindre les feux, réparer les moteurs, tuer la Reine (ou s’enfuir), on ne pouvait pas laisser partir Antoine sans une petite interview. Son métier, encore dans l’ombre mais plus pour longtemps, est un des métiers incontournables du monde ludique.

Team GeekLette : Bonjour Antoine ! Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?

Antoine : J’ai un parcours très classique, j’ai fait un master (donc en 5 ans) de traduction, non spécialisé et principalement sur 3 langues : allemand, anglais et français. J’ai étudié aussi l’espagnol et le russe, mais pas assez pour en faire une activité professionnelle. En sortie de master, il fallait faire un stage. Et j’ai eu une chance immense, car toute ma promo se précipitait dans les agences de traduction alors que moi je cherchais déjà une maison d’édition de jeu de société. Je suis donc entré chez Days Of Wonder, qui cherchait une personne avec un profil de joueur, au moins bilingue, et si possible trilingue.

Team GeekLette : Donc tu étais déjà joueur ?

Antoine : Oui j’étais déjà joueur. Cela fait environ 20 ans que je joue. Mon thème favori est le spatial. À 2 joueurs, j’aime beaucoup Star Wars Rebellion qui est un de mes jeux préférés. Et Mémoire 44 parce que c’est un peu par ce jeu que j’ai pu faire de ma passion une activité professionnelle.

Team GeekLette : Combien de temps es-tu resté chez Days Of Wonder ?

Antoine : Je suis resté 8 ans (de 2008 à 2016) dans un poste pluridisciplinaire où je faisais à la fois de la traduction, de la rédaction, de la restructuration de règles et beaucoup de gestion de projet. C’est aussi un poste qui m’a permis de travailler en relation avec les auteurs. Avec certains, notamment les plus méthodiques, c’était très facile – avec d’autres, c’était plus compliqué.

Certains jeux comme Les Aventuriers du Rail et Smallworld demandent beaucoup de langues différentes : si je ne me trompe pas, en 2016, Les Aventuriers du Rail était traduit en 23 langues : 23 langues pour lesquelles il fallait aller chercher des traducteurs et gérer le planning pour que tout soit prêt en temps et en heure.

Team GeekLette : Et après Days of Wonder ?

Antoine : En 2017, je suis passé en temps partiel chez Funforge car déjà à l’époque, je voulais lancer mon activité de traducteur indépendant, spécialisé dans le jeu. Je suis parti de Days of Wonder pour faire ça. Et il se trouve que la première année est toujours un peu plus dure pour les entrepreneurs donc pour jouer la sécurité, Funforge m’a proposé un temps partiel que j’ai accepté.

Team GeekLette : Tu es resté combien de temps chez Funforge ? Et étaient-ils au courant de la création de Transludis ?

Antoine : Je suis resté un an. Ils savaient que j’étais de passage et que mon souhait était de me consacrer entièrement à mon activité de traduction. En 2017 donc, j’avais un mi-temps chez Funforge, un mi-temps pour Transludis. Pour l’anecdote, j’ai commencé chez Days Of Wonder le 1er avril 2008, et j’ai démarré mon activité à temps plein pour Transludis le 1er Avril 2018, exactement 10 ans plus tard.

Team GeekLette : Donc c’était Funforge ton premier client ?

Antoine : Exactement, et Funforge me confie encore des traductions : en plus de Nemesis que je vous ai présenté ce jour même, j’ai aussi fait Zone-A, à paraître bientôt, et Conan le jeu de rôle, qui sort normalement sous quelques mois. L’intégralité des jeux de la gamme LookOut passe aussi par Funforge et donc par moi. Pour Conan d’ailleurs, nous avons du faire cela en équipe car ce sont des livres de 300 à 400 pages la tâche était impossible tout seul.

Team GeekLette : Comment gérez-vous le vocabulaire commun en travaillant en équipe ? Par exemple, il ne faut pas qu’un pion soit nommé meeple chez le traducteur 1, pion chez le traducteur 2 et ouvrier chez le traducteur 3.

Antoine : Pour la plupart des contrats, je travaille seul, donc je n’ai pas ce problème. Étant joueur moi-même, je connais le vocabulaire : je joue déjà en anglais, parfois en allemand. En équipe, il est nécessaire de créer un glossaire partagé pour assurer la cohérence de la traduction. On entre donc tous les termes utilisés dans un fichier que tous les traducteurs peuvent consulter.

Je fournis aussi un gros travail sur le texte ; à titre d’exemple, dans Nemesis, j’utilise deux termes différents pour parler de la fuite des personnages et celle des Intrus : les personnages fuient, les Intrus battent en retraite. Cette précision n’existe pas en anglais, mais l’idée est que même inconsciemment, les joueurs associent chaque terme à l’élément de jeu qui lui correspond.

Team GeekLette: Du coup, est-il nécessaire d’être joueur pour bien traduire ?

Antoine : Oui. C’est nécessaire et même indispensable. J’ai choisi de me spécialiser dans le jeu parce que je suis joueur. Je pense que ce serait une erreur de confier des traductions à des non-joueurs, qui ne maitrisent donc pas le vocabulaire ludique, technique. Ce n’est pas qu’une question de vocabulaire mais aussi de formulation. Pour redonner un exemple, si on parle de draft, quelqu’un qui ne joue pas, fût-il traducteur, ne saura pas forcément de quoi on parle.

Team GeekLette : Du coup, fais-tu des rappels sur les définitions de ces termes ? Tu parlais de glossaire mais c’est un fichier pour toi.

Antoine : Cela m’arrive, notamment pour des jeux familiaux où les termes sont méconnus. Il est donc indispensable de décrire précisément l’action, le terme, etc. Dans Carnival Of Monsters (chez Gigamic), j’ai introduit une petite définition du draft, qui tient en une ligne.

Team GeekLette : Du coup, il t’arrive de proposer d’introduire des définitions, des explications, … alors que la règle originale n’en comporte pas ?

Antoine : Oui, avec l’accord de l’éditeur. Quand je pense que la règle n’est pas suffisamment complète, je propose, sans jamais imposer, et l’éditeur prend la décision ensuite. En général, si la remarque est pertinente, les éditeurs suivent.

Team GeekLette : Quand un éditeur est concepteur du jeu, cela ne doit pas poser problème, mais quand tu fais une localisation, est-ce que tu as le droit de rajouter des paragraphes, réorganiser les règles etc ?

Antoine : Oui oui, j’ai le droit de proposer, évidemment. Je suggère ce qui me semble intéressant. Par exemple, pour les jeux de la gamme LookOut (localisés chez Funforge), comme Agricola, Grand Austria Hotel, etc, LookOut utilise souvent un petit gimmick surprenant : ils présentent certains textes dans des bulles, prononcés par Uwe Rosenberg, par un personnage du jeu… le problème c’est que ces textes présentent tantôt une règle importante, tantôt un texte d’ambiance, sans aucune hiérarchisation. Avec Funforge nous avons pris l’habitude de retirer ces encarts et de hiérarchiser l’information qu’ils donnent. Un joueur n’ira pas chercher une info critique dans une bulle de bande dessinée.

Sur Nemesis, beaucoup de précisions manquaient dans la règle anglaise. La plupart de mes propositions ont été acceptées.

Team GeekLette : est-ce qu’ils ont fait une règle anglaise V2 du coup grâce à tes retours et tes remarques ?

Antoine : Oui, il me semble que le travail fait sur la FAQ a été repris sur la réimpression de la version anglaise du jeu.

Team GeekLette : Du coup, en 2 ans, tu as fait combien de jeux ?

Antoine : Je traduis environ 50 jeux et extensions par an, ce qui nous donne un jeu ou une extension par semaine en moyenne. À vrai dire, cela dépend de la taille du jeu, des jeux peuvent prendre 1 semaine, d’autres 1 journée.

Je dois être entre 100 et 150 jeux et extensions traduits maintenant en 2 ans et demi.

Team GeekLette : Tu ne te lasses pas ? Car ça nous a l’air très répétitif.

Antoine : La méthode est répétitive mais les jeux ne sont pas les mêmes. Et cela permet de découvrir des univers et de faire de la recherche sur des thèmes que je ne connais pas. Un des premiers jeux que j’avais fait c’était Flamme Rouge pour Gigamic. J’ai refait la traduction car les premières règles françaises n’avaient aucun sens. J’ai dû faire certaines recherches sur le cyclisme pour traduire ce type de jeux.

Team GeekLette : La recherche est-elle payée par l’éditeur ?

Antoine : oui, cela fait partie de la prestation que je facture. Ils sont sûrs d’avoir une traduction basée sur une recherche solide. Je préfère prendre le temps pour ça. Pour Watergate chez Iello, j’ai revu Les hommes du président et je me suis beaucoup documenté sur l’affaire. Récemment, chez Gigamic, Mariposas a demandé des recherches approfondies sur les papillons / monarques. Sur ce type de jeux, il aurait fallu être plutôt ornithologue que traducteur [rires]. Océans a aussi demandé pas mal de travaux de recherche sur la faune sous-marine. 

[Intevention de El Stefano : la prochaine fois, c’est les fourmis !]

Team GeekLette : As-tu le droit de contacter l’auteur et l’éditeur original ? Car Elizabeth Hargrave est justement ornithologue.

Antoine : Oui. Heureusement ! Cela me permet de compléter.

Team GeekLette : Est-ce que tu traduis autre chose que du jeu de société ?

Antoine : oui, du jeu vidéo. Notamment sur mobile. Mais c’est moins intéressant car je reçois toutes les phrases dans un fichier et n’ai aucun contexte.

Je fais aussi de la littérature fantastique, pour Black Library. Des livres autour de l’univers de Warhammer 40 000.

Ce n’est pas du tout pareil que les règles : une règle est un document technique, alors qu’un livre raconte une histoire qui laisse plus libre cours à l’expression, et donne un peu plus de liberté. La durée de la traduction est clairement différente, on est sur de plus gros volumes de textes.

[Intervention d’El Stefano: à quand l’écriture de ton prochain roman ?]

Team GeekLette : Dans quel sens traduis-tu les règles ? Anglais vers le français ou inversement ? Et l’Allemand est-il présent ?

Antoine : Je fais souvent de l’anglais vers le français mais je fais aussi beaucoup du français vers l’anglais (pour Libellud par exemple). Je ne fais pas de traduction vers l’allemand. En anglais, même s’il ne s’agit pas de ma langue maternelle, je maîtrise suffisamment le vocabulaire technique ; les retours que je peux lire ici et là sont positifs.

Team GeekLette : En parlant de retours, as-tu déjà eu des remarques négatives / positives ? Justifiées ?

Antoine : Je fais beaucoup de veille (sur les forums notamment) concernant les points de règles, sur mon temps libre. S’il y a une erreur qui s’est glissée, l’essentiel c’est de l’analyser et de ne pas la refaire. Cela m’intéresse toujours d’avoir des retours. Mais je ne me souviens pas d’une erreur criante qui ruinerait le jeu.

C’est un métier où il faut être humble, accepter d’être critiqué car on est de plus en plus exposé. On a quand même une compétence dont on sait se servir et il est facile de justifier des termes, des définitions. Et souvent, d’autres joueurs, qui ont compris la règle, répondent à ma place.

Une erreur peut aussi venir d’une traduction effectuée trop rapidement. Je pense que l’activité de traducteur n’est pas encore assez professionnalisée. Il y a beaucoup de gens qui pensent encore que la traduction n’est pas un métier, y compris dans le milieu du jeu. Pour réaliser une couverture ou les illustrations d’un jeu, un éditeur appelle nécessairement un illustrateur, non ? La traduction devrait obéir à la même logique. S’appuyer sur un professionnel, c’est s’assurer qu’il consacrera 100% de son temps de travail sur la mission. Mon propos n’est pas de dénigrer les traductions non-professionnelles ; certaines sont excellentes. Mais parfois, la traduction pèchera par manque de temps, ou d’attention, parce que le traducteur avait finalement d’autres obligations. C’est humain. 

Un autre problème est la confiance qu’un joueur aura vis-à-vis de la règle. Un joueur qui détecte une erreur de traduction peut finalement remettre en question le reste des règles du jeu : s’il y a une erreur, il peut y en avoir d’autres. C’est un peu comme constater une coquille dans un dictionnaire, ça vous colle le doute sur tout le dictionnaire… 

Une mauvaise traduction peut vraiment flinguer un jeu. La clé est de rester rigoureux.

Team GeekLette : Est-ce que tu signes les règles avec ton nom ?

Antoine : Oui, toujours. C’est dans les petites lignes des crédits, le travail de l’ombre… 

Team GeekLette : Quel est le jeu que tu as adoré traduire ? Le plus ardu ? Et celui que tu n’as pas aimé ?

Antoine : Nemesis était un super projet, grâce à l’ambiance (je mettais la musique d’Alien pour travailler !), la recherche demandée, et l’ampleur du travail à fournir. J’ai même revu le film 1. Je suis fier du résultat car j’ai beaucoup travaillé dessus. Après, c’est aussi un bon jeu. C’est toujours agréable de traduire un bon jeu, et si les joueurs passent un bon moment, on se dit que c’est (un peu) grâce à nous ! Même si le travail du traducteur ne saurait remplacer celui de l’auteur.

[Interventions de El Stefano: et les œufs d’Aliens, tu les couvais dans ta chambre ?]

Antoine : Le plus ardu : chez Iello, Empires du Nord qui est un très bon jeu, demande une attention sans faille ! C’est un jeu où des mots aussi basiques que Placer, Construire, Poser, … ont un sens très précis, répétés sur de très nombreuses cartes, dans plusieurs configurations différentes, et où il n’est pas question de traduire un mot à la place de l’autre ! On retrouve cette notion de précision dans beaucoup de jeux mais cela m’avait plus marqué dans celui-là. Mais je sais que Iello a son équipe de relecteurs et qu’elle aurait intercepté toute erreur potentielle. 

Team GeekLette : Quand tu fais les traductions, tu reçois les jeux avec ?

Antoine : Pas toujours… j’ai au moins les fichiers PDF du jeu (obligatoirement, sinon ce n’est pas possible de travailler). Pour les jeux français que je traduis en anglais, et qui existent déjà sur le marché français, les éditeurs me procurent souvent un exemplaire. Pour d’autres, la simple lecture des règles et des cartes permet de “sentir” le jeu et les interactions. Évidemment, pouvoir jouer à un jeu avant de le traduire est un plus, mais il faut bien avoir conscience que c’est parfois impossible car le jeu n’existe que sous forme de prototype, chez un éditeur qui n’est pas forcément dans la même région ni le même pays ! Je travaille beaucoup avec les Coréens de Mandoo Games ; il n’est pas difficile de comprendre qu’ils ne peuvent pas m’envoyer tous leurs prototypes à travers le monde pour que je puisse y jouer. Les salons permettent d’y remédier. 

En revanche, la plupart des éditeurs me fournissent un exemplaire du jeu traduit lorqu’il arrive sur le marché.

Team GeekLette : Quel est le format de fichier sur lequel tu travailles ?

Antoine : Par défaut, je ne fais pas de mise en page (ce n’est pas le travail d’un traducteur) : je fournis un fichier Word que l’éditeur intègre à sa maquette. Je propose systématiquement la relecture maquette pour être sûr que la traduction a bien été intégrée.

Team GeekLette : Avec quels éditeurs principaux travailles-tu ?

Antoine : J’ai ma liste ici (non-exhaustive) : Ajax Games, Awaken Realms, Days Of Wonder, Edge, Explor8 (avec Dimitri et Anne-Cath), Flying Games, Funforge, Gigamic, Iello, IGames (Detective Club), KYF Editions, Libellud, Mandoo Games, Matagot (depuis peu), Sand Castle Games (Res Arcana), Stratosphères, Super Meeple, Sweet November Games…

[Interventions El Stefano : euh l’interview est longue là, il va falloir la traduire en article…30 minutes…]

Team GeekLette : Fais-tu beaucoup de salons ? Car nous t’avons rencontré sur le stand de Funforge en tant qu’animateur sur Zone-A.

Antoine : J’en fais beaucoup oui. J’étais animateur pour Days, au début, puis Funforge aussi. Parlant 3 langues, c’est assez facile en effet.

Team GeekLette: combien de fois, en salon, nous avons eu des règles approximatives ? Avoir le traducteur lui-même est un vrai bénéfice : dans sa méthode d’explications, dans la complétude, etc Faudra nous dire à quel stand tu es l’an prochain pour qu’on vienne. [rires]

Team GeekLette : Et tes tarifs ? Quelle prestation est offerte et à quels tarifs ?

Antoine : Mon tarif par défaut revient à environ 25€ net de l’heure. C’est un tarif qui intègre la traduction et la relecture maquette. Selon le volume à traiter, ce tarif peut être adapté, l’essentiel est toujours de travailler en bonne entente avec l’éditeur, et qu’il soit satisfait du travail fourni.

Team GeekLette : Est-ce qu’à force de traduire tous ces jeux, cela t’a donné envie de créer le tien ?

Antoine : J’avais déjà cette envie là. La traduction l’entretient.

Team GeekLette : un grand merci Antoine pour ton honnêteté et la transmission de ta passion pour nous rendre la tâche facile, nous joueurs !

Antoine : Avec plaisir.

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A propos de GeekLette 623 Articles
Pipelette & Geek à temps plein

5 Comments

  1. Article très intéressant pour découvrir l’envers du plateau, merci ! Entièrement d’accord sur la nécessaire qualité du travail de traduction. Certains éditeurs feraient bien de s’inspirer d’un tel professionnalisme !

  2. Article super intéressant ! Je fais également de la traduction pour des jeux de société et c’est un travail souvent très sous-estimé par les éditeurs, surtout par les nouveaux venus qui passent par Kickstarter et ne se renseignent pas au préalable des tarifs et du délai avant d’établir leurs stretchs goals 😀

  3. Super interview !
    A noter qu’en général ce métier n’est pas de tout repos avec des deadlines et des weekends sacrifiés pour les tenir (expérience de conjoint de traductrice). Peut-être est-ce moins tendu dans le jeu ?
    Réponses très pro et bel esprit !
    Bonne continuation à lui et à geeklette 😉

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