Claustrophobia : la chronique d’un jeu mythique

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Dois-je vraiment présenter ce jeu ? Claustrophobia est un jeu de CROC, édité par Asmodée (Marabunta), illustré par Aleksi Briclot. Il se joue à deux joueurs (14+) pour des parties d’une heure mise en place comprise.

Vous êtes ici en présence d’une référence du genre : un thème fort, des figurines pré-peintes, des jetés de dés, des multiples et divers jetons, des cartes, des tuiles gigantesques… bref un gros jeu, bien geek, qui a fait l’unanimité chez les gamers. Voilà c’est dit.

Le gameplay de Claustrophobia est asymétrique : vous incarnez soit le joueur « humains » ou le joueur « démon ». Chacun possède des objectifs et des actions caractéristiques. Avec votre adversaire, vous évoluez au sein de scénarios déterminants la map, les objectifs et les actions spéciales des deux camps. Des passages narratifs permettent dés le début de se plonger dans cet univers singulier. Ces scénarios se jouent très bien de façon isolée, mais si vous les prenez à la suite, l’histoire s’enchaine et les parties se retrouvent d’autant plus savoureuses.

Si vous êtes du côté des humains, vous aurez à votre disposition plusieurs personnages : le frère rédempteur, le leader incontesté du clan, des brutes qui comme le nom l’indique sont des brutasses, et des spadassins plus rapides mais plus fragiles. Chaque personnage possède des pouvoirs spéciaux propres et peuvent être munis d’équipements selon les scénarios.

Mais le plus important réside sur leurs lignes d’activation. Ils en possèdent tous 6, numérotées de 1 à 6, comme les 6 faces d’un dé. Hum hum… Chaque ligne octroie une valeur de déplacement (généralement comprise entre 1 et 2), une valeur de défense et une valeur d’attaque. Si votre escouade est constituée de 4 membres, au début de votre tour vous lancez 4 dés 6. Facile. Puis vous attribuez un dé d’une certaine valeur à chaque personnage, ce qui lui confère des caractéristiques propres pour le tour en cours (déplacement, attaque et défense). Donc en fonction de la situation et du lancer de dés, vous allez répartir telle ou telle valeur pour tel ou tel personnage. Vous êtes donc ici devant une gestion de l’aléatoire, ce qui est très agréable. (NB : c’est très tendance d’avoir de la gestion de l’aléatoire dans le jeu de 2015 Marco polo, Discoveries, Nation jeu de désClaustrophobia l’avait déjà fait depuis 2009…). Puis, simplement, les humains s’activent un à un, se déplacent et attaquent, ou l’inverse.

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Si vous ajoutez à ça, qu’à chaque fois que vous subissez un dommage (et oui vous allez morfler !!) vous placez un petit marqueur rouge sur une des pistes du personnage : ce marqueur symbolise qui vous venez de perdre un point de vie (donc oui tous vos perso en ont 6) mais surtout ce marqueur vient d’annuler la ligne de compétence. Votre perso ne pourra pas être actif s’il reçoit le dé correspondant. Et plus ils sont blessés, plus ça se corse, et plus la gestion de l’aléatoire devient compliqué. Une fois à 6 marqueurs, votre perso meurt (surement dans d’atroces souffrances). Mais tant qu’il vous reste des perso vivants, il vous reste de l’espoir !! 😉

Rien que pour ce système de jeu pour les humains, le jeu est intéressant.

Maintenant, le côté démon n’est pas en reste et n’a vraiment pas rougir. Vous avez ici un système aussi intéressant mais totalement différent de celui des humains, mis à part que vous allez gérer le résultat de lancers de dés. Vous, joueur démon, êtes munis d’une planche d’activation. Une fois que les dés sont lancés (3 à 5 en moyenne), vous les attribuez à différentes actions selon leur valeur. Certaines actions nécessitent uniquement des dés pairs, ou impairs, ou un de chaque, ou égal à 7 ou supérieur à 3 ou… ces actions vont vous permettre d’avoir des cartes (très importantes pour faire des crasses à ces humains) ou de stocker des dés pour le tour suivant, vont booster vos troglodytes (unités principales du clan démon : petites bêtes viles et sournoises, munies de dents longues et acérées, lâches, pas très résistantes mais nombreuses). Une action indispensable sera de récupérer des points de menaces. Cette « monnaie » diabolique vous permet d’acheter des troglodytes et autres créatures maléfiques. Les troglodytes ne coutent pas chers, ils compensent leur faiblesse par le nombre. Les démons eux coutent plus cher, sont puissants et sont en nombre restreint pour la partie. Cette planche d’activation va vraiment vous demander de faire des choix, selon le moment et la configuration de la partie. Et c’est bon. Puis après la répartition, vous activez vos unités pour les déplacer et taper !

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Les combats sont très simples, ce qui aide à la fluidité du jeu, la force d’attaque vous donne le nombre de dés à jeter, et chaque dé égal ou supérieur à la valeur de défense de l’opposant fait un dégât. Facile ^^

Les scénarios sont variés, certains imposent une mise en place spéciale, dans d’autres les tuiles viendront de façon aléatoire. Un scénario offre des sensations différentes selon le clan joué, vous allez rusher, ou temporiser ou vous allez splitter vos troupes pour atteindre différents objectifs. Mais je ne vais pas trop en dire pour vous laisser le plaisir de les découvrir. Le jeu se joue vraiment en 60 minutes, et vous serez forcément tentés de jouer l’autre camp. Le matériel est pléthorique et les figurines peintes sont d’une qualité remarquable. Les tuiles sont gigantesques (il faut une (très ?) grande table pour jouer Claustrophobia) et offrent de nombreux effets ou contraintes qui vont venir pimenter les scénarios. Le jeu est peut-être plus facile à appréhender coté humain, mais la victoire sourit assez souvent aux démons. Au début du moins. Avec l’expérience, cet effet se lisse. Claustrophobia est un grand jeu à deux, qui vous plonge dans un univers marqué et sombre, avec un gameplay malin, simple et fluide. Voilà ce que je peux vous dire du jeu de base.

 

Oui, c’est n’est pas fini ! Deux extensions sont sorties pour ce jeu ! La première, De Profundis, apporte forcément plus de scénarios, un bon paquet même, et ça c’est bien pour le renouveau du jeu. De plus ils prolongent l’histoire racontée au fil des parties, ce qui est agréable pour ceux qui suivent cette épique bataille de façon linéaire. Du coté humain, vos unités s’agrandissent et se féminisent avec l’arrivée de deux guerrières polyvalentes : les Sicaria. Permettant une variabilité dans vos troupes, elles ne sont pas grandement nécessaires. Ceci est surement un peu fort, car elles subissent la rude comparaison avec l’arrivée des Molosses ! Des espèces de gros chiens enragés contrôlés bien sûr par le clan démons. Ces deux grosses bestioles ont un réel impact sur la stratégie et la façon de jouer du joueur démon. Avec un coup intermédiaire entre les troglodytes et les démons, invoquer un molosse est souvent une très bonne option. Même si vous devez leur attribuer un dé à chaque tour pour les activer (c’est le prix à payer), ils permettent vraiment de contrecarrer la progression du joueur humain. J’apprécie vraiment leur influence sur le jeu, que depuis je ne dois jouer qu’aux scénarios qui les comprennent. Avec 12 scénarios en plus et ces molosses, cette extension est un ajout de qualité. Mais elle se fait rare, et bien à vous si vous pouvez mettre la main dessus…

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Et enfin, à Essen dernier (ça n’est pas si loin), sortait Furor Sanguinis. Une plus petite extension cette fois-ci. Mais elle arrive avec une seule figurine, mais pas des moindre : Kartikeya, une sorte de T-Rex, squamate pour être exact, très énervé muni de griffes à faire jalouser Wolverine. A lui tout seul, il incarne un nouveau clan. Les scénarios qui accompagnent cette extension mettent votre nouvel ami en conflit soit avec le clan humain, soit le clan démon. De plus, Kartikeya mélange les deux types de gameplay : il possède une planche d’activation où vous répartissez vos dés pour avoir bonus et action, mais les différentes zones (correspondantes à différentes parties du corps du squamate) peuvent subir des dégâts et devenir inutilisables (comme une ligne d’activation des humains). Aussi puissant que solitaire, cette figurine offre donc une nouvelle façon de jouer aux joueurs déjà habitués à ces amusements.

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Quelques remarques : par son univers et ses mécanismes, le jeu est clivant. Mais si vous êtes friands d’heroic fantasy, de figurines, de matériel qui déborde, et que vous avez lu jusqu’ici, alors faites-vous plaisir. Un scénario de la seconde extension ainsi qu’un autre trouvable sur internet permettent de jouer à trois joueurs. Cela rallonge la durée de partie, mais l’expérience en vaut la peine. Plusieurs scénarios utilisent le principe du filet d’air marqué par le dé 10, mécanisme simple et efficace qui en font mes scénarios préférés. Une communauté existe (existait ?) sur le net, et d’autres scénarios fan made sont également trouvables (mais je n’en ai pas testé). Vous l’aurez compris, je suis fan de Claustrophobia, la simplicité de prise en main, l’aventure vécue pendant les parties (qui ne sont pas interminables), la qualité des figurines et des tuiles et de l’ensemble du matériel, la dualité des mécanisme offert par l’asymétrie, bref tout ça en fait un grand jeu. Certes il faut une grande table, et le jeu plus les extensions représentent aussi un joli budget, mais vu le nombre d’heures de jeu derrière tout ça, cela ressemble bien à un bel investissement

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2 Comments

  1. Je confirme que ce jeu à 2 est excellent et très original! Et en plus, les figs sont peintes de base, ce qui est suffisamment rare pour être souligné! 🙂

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