Article écrit à 6 mains (Suz, Jo et Juju), joueurs du groupe de GeekLette 🙂
2–5 joueurs, 14 ans et +, 75–90 Min
Complexité BGG : 3.40 / 5
Auteur: Mikael « Pyromago » Cheyrias
Editeur: Sethmes que nous remercions
Diktat est disponible dans nos boutiques partenaires: Ludum, Philibert et chez l’éditeur
Bienvenue dans NOC. Diktat est un jeu de stratégie asymétrique inspiré de l’univers du jeu de rôle NOC, où plusieurs factions s’affrontent pour prendre le contrôle de Prague. Bluff, négociation, politique et coups bas sont au programme… dans une partie où faire confiance à son voisin est rarement une bonne idée.
Avant de commencer…
Diktat a été joué avec l’extension Suprématie, les plateaux double couche et les figurines de l’extension Artefact. Nous avons donc pu le découvrir dans une configuration complète, fournie par l’éditeur.
Il a été testé à 2, 3 et 4 joueurs. Même si à deux il fonctionne très bien, les configurations 3 ou 4 joueurs sont nos préférées.
Nombre de parties jouées : 4 pour Suz, 7 pour Jo, plus de 10 pour leurs fils de 16 ans (et ses potes)
On ne connaît pas l’univers de NOC, mais l’ambiance sombre d’un monde gouverné par l’Administration (un peu à la Brazil ou 1984) est très bien rendue par le travail d’édition et le principe du jeu.
Qu’est ce que Diktat ?
Déjà à l’installation du jeu on est ravi puisqu’elle est assez rapide, et en plus, cerise sur le gâteau, les parties durent entre 1h et 1h30 environ.
Chaque joueur incarne une faction, ou « cabale », avec ses propres cartes cabale et règles associées. Chacun va chercher à étendre son influence sur Prague et à se développer en essayant d’être majoritaire sur les quartiers qui l’intéressent pour leurs jetons « influence » ou les cartes « opportunités » qui y sont liées.
Pour cela, il faut placer ses jetons agent (des émissaires, des gardes ou des citoyens) en pile face cachée sur un quartier. Celui qui aura mis le plus d’émissaires au moment de la révélation en fin de manche sera le premier à choisir la récompense, puis chaque émissaire donne droit à sa récompense (s’il en reste). Des actions espionnage et assassinat permettent d’influer sur le cours de la manche.
Autant vous dire que ça râle, ça râle beaucoup chez nous pendant une partie. Le bluff au placement des jetons ajoute quand même un côté jubilatoire (tant que l’on croit avoir le dessus) et très frustrant quand on s’est fait avoir (je râââle !).
L’asymétrie des cabales est très marquée, et donc les manières de jouer aussi, ce qui donne envie de tester toutes les combinaisons possibles, et il y en a beaucoup (à 4, 330 avec les 11 cabales différentes, sauf erreur). On peut choisir de jouer avec ou sans les Autres, une faction autonome de monstres qui joue contre les joueurs. Si les joueurs sont trop occupés à se tirer dans les pattes, ils peuvent tous perdre contre les Autres.
Les cabales
Après plusieurs parties, difficile de désigner une cabale préférée : elles ont chacune leur intérêt et, à force de les jouer, on apprend à les apprécier différemment. Et ne vous fiez pas aux apparences : une cabale qui semble surpuissante entre vos mains ne vous garantit absolument pas la victoire.
Jugez par vous mêmes, toutes ont un intérêt, c’est la force du jeu et voici quelques exemples :
- La Garde Noire permet par exemple de placer des Blockhaus pour espionner et assassiner davantage.
- Le Syndicat joue beaucoup sur les jetons et peut faire adhérer les autres joueurs pour renforcer sa puissance.
- Pour jouer plus discrètement, la Police Secrète peut placer des agents dormants chez ses adversaires.
- À l’inverse, l’Harmonie est parfaite si vous aimez semer la pagaille en espionnant et en déplaçant les piles des autres… de quoi créer quelques tensions autour de la table !
- L’Effort, lui, permet d’accumuler rapidement des ressources dès le début de la partie.
- …
Les cabales offrent donc des approches très différentes, et il y en a clairement pour tous les goûts.
Et si une cabale vous semble beaucoup trop forte, rassurez-vous : vous avez probablement tort. Ce qui paraît être un avantage énorme à un moment de la partie peut très vite se retourner contre vous.
Le guide stratégique est d’ailleurs bienvenu pour aider à prendre en main une faction que l’on découvre.
Les moins
- Quelques points de règles liés à certaines cabales ne nous ont pas paru clairs ; une section plus technique en fin de livret serait bienvenue. Les règles sont très immersives, mais certains mécanismes gagneraient à être explicités plus directement.
- Les jetons sont agréables, mais difficiles à empiler correctement. Cela dit, le chat peut marcher sur le plateau : ça ne risque pas de tomber.
Les plus
- Énorme rejouabilité grâce aux asymétries et aux différences de jeu de chaque cabale. Avec 11 factions jouables, les possibilités de combinaisons et d’affrontements sont nombreuses.
- Des cabales incroyablement travaillées, toutes différentes et intéressantes à jouer. Chacune propose sa propre façon de jouer, avec ses mécaniques, ses objectifs et ses subtilités. Difficile d’en préférer une : à force de les découvrir, on finit par avoir envie de toutes les (re)jouer.
- Une belle courbe de progression : les premières parties permettent de découvrir les factions, puis on apprend progressivement à exploiter leurs subtilités… et surtout à comprendre celle des adversaires.
- Une interaction omniprésente : bluff, négociation, politique, espionnage, prise de territoire… difficile de rester dans son coin. Même lorsque ce n’est pas son tour, on reste attentif à ce que font les autres.
- Une négociation particulièrement savoureuse, capable de créer des moments mémorables autour de la table. Alliances, coups fourrés et retournements de situation font partie intégrante de l’expérience.
- Un système de bluff très malin, notamment avec les pions cachés, qui entretient constamment le doute sur les intentions et les forces adverses.
- Un jeu riche et court : les parties sont dynamiques et donnent facilement envie d’enchaîner.
- Un univers fort et immersif, qui pousse à découvrir NOC.
- Le matériel est soigné.
- Pas de dés ! L’incertitude vient ici davantage des choix des joueurs, du bluff, des cartes et de la négociation
- Et surtout : des parties qui racontent quelque chose. Les alliances improbables, les trahisons et les coups de théâtre laissent de vrais souvenirs… parfois au détriment de quelques amitiés.
- On ne voit pas le temps passer, mais ses amitiés, oui. Ce n’est clairement pas le jeu idéal pour préserver la paix dans les foyers.
Conclusion
Diktat est une très bonne surprise. Avec ses cabales très différentes, son bluff, sa négociation et ses nombreuses interactions, les parties ne se ressemblent pas et donnent vraiment envie d’y revenir.
Il faudra quelques parties pour bien maîtriser les différentes factions, mais c’est aussi ce qui fait tout l’intérêt du jeu. Diktat est un jeu riche, original et particulièrement interactif, qui trouvera facilement sa place autour d’une table de joueurs qui aiment se faire des petits coups dans le dos.
Diktat est disponible dans nos boutiques partenaires: Ludum, Philibert et chez l’éditeur
Noël approche, je dis ça, je dis rien… Mais si vous tenez à être réinvité l’année prochaine, évitez peut-être de sortir Diktat à table.




