Le mois d’août aura été plutôt calme autour de la table, mais certainement pas décevant ! Quelques jeux seulement, de belles découvertes, des parties qui donnent envie d’y retourner et même quelques petites interrogations à confirmer lors de prochaines sessions.
Au programme ce mois-ci : Greylune, Trismegistus, Life of the Amazonia et Alice de l’autre côté du miroir. Et comme toujours, je vous partage la question essentielle : est-ce que j’ai envie d’y rejouer ?
Les jeux joués
Greylune (2 parties)
2–4 joueurs, 14 ans et +, 45–90 Min
Complexité BGG : 3.10 / 5
Auteur: William Attia
Illustrateurs: Ulric Maes, David Sitbon
Editeur: Sorry We Are French
boite presse offerte par SWAF
Dans (et à) Greylune, vous incarnez des aventuriers qui cherchent à gagner du prestige en recrutant des compagnons, en acquérant des objets, en partant à l’aventure et en racontant leurs exploits dans les tavernes. Le jeu se déroule sur 5 années, chacune découpée en 4 saisons : hiver, printemps, été et automne.
Le cœur de Greylune repose sur un système de placement et de retrait d’ouvriers, avec une grosse importance accordée au timing. Au printemps, on place ses Villageois entre les cartes du Village : ces placements vont notamment influencer le coût d’activation des cartes pour les autres joueurs. Puis vient l’été, durant lequel on retire ses Villageois pour acheter des Objets, recruter des Compagnons ou utiliser les Bâtiments. C’est aussi le moment de partir à l’aventure avec son Aventurier et de résoudre des cartes Rencontre.
C’est justement cet Aventurier qui constitue le principal changement (par rapport à Spyrium). Greylune ajoute toute une partie aventure : votre Aventurier quitte le Village, fait des rencontres et peut ramener les histoires que vous pourrez ensuite raconter dans les tavernes.
Parlons des choses qui fâchent immédiatement
- les règles manquent de clarté, une FAQ a été rédigée sur BGG
- Aide de jeu absente, je trouve l’iconographie des jeux de moins en moins intuitive, c’est peut-être moi hein
Voilà la pilule est passée… ? Maintenant voici ce qui est génialissime dans Greylune car oui le jeu est clairement très bon.
- il marche très bien à 2 et 3, certainement à 4 aussi mais pas joué à 4 !
- Le timing est partout et représente la principale force de Greylune. Quand passer à la saison suivante, quand récupérer un villageois, quand acheter une carte (et éviter de la payer trop chère), quand récupérer les cartes Rencontres sous le nez des autres.
- L’interaction est partout aussi. Observer ses ennemis ne suffira pas, il faut aussi un bon instinct et, d’ailleurs, connaitre parfaitement ses adversaires aidera à l’emporter.
- Le placement et retrait d’ouvriers est très intéressant, notamment parce que placer un Villageois entre 2 cartes permet à la fois de préparer ses propres actions et/ou de rendre certaines cartes plus coûteuses pour les adversaires.
- Les mécaniques sont très interconnectées. Les Compagnons, Objets, Bâtiments, Rencontres et Histoires se répondent et donnent envie de construire son petit moteur.
- Toutes les cartes sont intéressantes : pour le long terme ou pas. Certaines font perdre du revenu mais leurs capacités sont assez chouettes, et en plus les cartes disposent d’un encart de scoring personnel.
- Les choix sont tellement difficiles : placer un Villageois ou le garder pour faire une action sécurisée sur son plateau, mais si je le place et compte sur cette carte, on risque de me la piquer… Il faut avoir un plan B, C, et D pour réussir mdr
- Je suis particulièrement fan de la partie Aventure où on vit des « rencontres » et on doit les raconter ensuite au Village. C’est d’ailleurs là dessus que je mise mes parties et ça me réussit , 2 parties, 2 victoires.
Envie de rejouer ? OUIIIIIIIIII après avoir confirmé son intérêt, il faut confirmer la rejouabilité 🙂
Trismegistus (3 parties)
1–4 joueurs, 14 ans et +, 90–150 Min
Complexité BGG : 3.96 / 5
Auteurs: Federico Pierlorenzi, Daniele Tascini
Illustrateurs: Katarzyna Bekus, Wiktor Kozyra, Anna « Mikado » Przybylska, Vesna « vesner » Redesiuk
Editeur: Board&Dice
C’est un eurogame expert de conversion de ressources et de combos, dans lequel les joueurs incarnent des alchimistes cherchant à développer leur laboratoire et à réaliser des expériences.
Le cœur du jeu repose toujours sur les dés : on choisit un dé dans l’un des groupes disponibles, et le nombre de dés présents dans ce groupe détermine sa puissance. Ce dé sert ensuite à réaliser différentes actions : obtenir des métaux ou des essences, transmuter les métaux, acheter des artefacts ou récupérer des expériences que l’on va réaliser.
J’ai joué avec tous les modules 🙂
Les différences avec Trismegistus La formule ultime (sortie en 2019):
- Les réactions ont disparu : lorsqu’un joueur utilisait son dé, les autres joueurs pouvaient utiliser leurs jetons Réaction pour profiter de ce même dé et réaliser une action hors de leur tour.
- On obtient désormais un métal gratuitement lorsqu’on choisit un dé
- Les modules batteries, événement,… apportent davantage de souplesse
- Les personnages et leurs capacités ajoutent de la variété
Les moins
- L’AP (Analysis Paralysis). Le jeu pousse naturellement à chercher le coup optimal, mais les possibilités sont tellement nombreuses qu’il est facile de passer beaucoup de temps à calculer. La suppression des réactions n’a donc pas forcément résolu le problème du temps de jeu : on peut toujours passer de longues minutes à optimiser son propre tour.
- La suppression des réactions rend l’interaction un peu pauvre
- Mon principal bémol concerne la courbe de progression : on atteint le haut de quasi toutes les pistes dès la 2ème partie, ce qui donne l’impression qu’on aura peu de choses à débloquer ou à améliorer lors des parties suivantes. Même constat avec les tuiles d’objectifs personnels, que l’on place dans différentes sections et qu’il faut compléter entièrement pour valider le scoring associé : il y a une certaine tension pendant la partie pour réussir à tout remplir, mais finalement, dès la 1ere partie, tout le monde ou presque y arrive. C’est assez frustrant, car le jeu est vraiment agréable et offre un casse-tête suffisamment riche pour donner envie de chercher à faire toujours mieux, mais on manque finalement de cette sensation de progression d’une partie à l’autre.
- Les plateaux joueurs sont très fragiles : il faut retirer les 2 roues de score avant de les plier pour les ranger, car sinon elles exercent une pression sur le plateau et risquent de le déchirer.
- Les livres m’ont également intriguée : jouer une nouvelle couleur de carte permet de débloquer gratuitement le 1er livre correspondant, mais il est aussi possible d’acheter les livres avec de l’or (chaque livre est de plus en plus cher). Cela permettrait de se concentrer sur les couleurs intéressantes pour nos objectifs personnels de fin de partie tout en complétant ses livres autrement. Je ne sais pas encore si c’est une vraie liberté stratégique ou une petite faille du système, mais c’est un point que j’ai envie d’explorer davantage car je trouve que ça se contredit. Les bonus des livres sont extrêmement importants.
Les plus
- Très bien à 2 et 3 (et oui… qui dit interaction pauvre, dit qu’à 2 on profite davantage). Non recommandé à 4 pour la durée.
- Un jeu extrêmement satisfaisant
- J’aime l’idée de temporiser : si votre dé est au niveau 4 par exemple et que vous utilisez une action qui coute 1 , votre dé sera donc au niveau de force 3 et au tour suivant vous serez obligé de jouer avec ce dé. Et donc vous ne pourrez pas choisir un nouveau dé, ce qui laisse plus de choix aux adversaires mais ça vous permet de faire plus d’actions. J’adore ça.
- La nouvelle édition est finalement beaucoup plus proche d’une réédition améliorée que d’un nouveau jeu. Le jeu n’est pas vraiment devenu plus facile, mais sa nouvelle direction artistique et plusieurs ajustements de règles le rapprochent davantage des standards d’un euro game moderne : plus lisible, plus accessible à appréhender, plus fluide et mieux équilibré, tout en conservant son côté très cérébral
- Il grille un peu les neurones quand même
- J’aime vraiment tous les petits détails qui enrichissent le jeu : les éléments qui permettent d’activer les tuiles de scoring de fin de partie, les livres qui augmentent notre savoir et débloquent des bonus, les différents modules intégrés au jeu… Tout cela apporte de la variété et donne toujours quelque chose à optimiser. On ne joue d’ailleurs qu’avec les modules maintenant.
- Les personnages de départ et l’asymétrie des plateaux joueurs sur les bonus de livres est très appréciée.
Envie de rejouer ? Oui vraiment. Et je cherche l’extension Familiar (si vous l’avez dans un coin). J’ai aussi envie de vérifier mes points négatifs, j’ai presque envie de me contredire 🙂
Life of the Amazonia (1 partie)
1–4 joueurs, 14 ans et +, 60–150 Min
Complexité BGG : 2.86 / 5
Auteur: Jamie Bloom
Illustratrice: Sophia Kang
Editeur: Bad Comet (Super Meeple pour la VF)
Les moins:
- Partie beaucoup trop longue certainement à cause d’un démarrage un peu lent (à vérifier)
- Interaction proche de zéro
- Installation et rangement un peu pénibles (surtout la fontaine, même si c’est cool)
Les plus
- Aussi agréable que les Charlatans de Belcastel
- Beaucoup de choses à faire
- Les figurines des animaux sont trop mignonnes
- Le mélange bag building pose de tuile et d’animaux marche bien
- L’amélioration du sac est un énorme plaisir de jeu
- L’optimisation imposée par les contraintes de la pose d’animaux est agréable
- On a envie d’investir les pistes très vite mais il y a tellement de choses à faire
Envie de rejouer ? oui avec plaisir mais je pense lui préférer d’autres jeux surtout avec les nouveautés qui arrivent
Alice de l’autre côté du miroir (1 partie)
2–6 joueurs, 10 ans et +, 30 Min
Complexité BGG : 1.50 / 5
Auteurs: Christine Alcouffe, Ludovic Maublanc
Illustratrice: Christine Alcouffe
Editeur: Lumberjacks Studio (Kodama)
Alice De l’autre côté du miroir revisite le principe du Flip & Write en y ajoutant une idée aussi simple qu’astucieuse : votre feuille de jeu possède 2 faces, et vous pouvez passer de l’une à l’autre au cours de la partie. À chaque tour, il faudra donc choisir où placer vos formes et quand traverser le miroir pour optimiser vos points. Accessible et joliment thématisé, le jeu propose également un mode en équipe qui apporte une dimension de coopération.
Vu mon score désastreux, je comptais prendre des photos de la seconde partie, mais nous n’avons pas eu le temps d’en refaire une ce jour là.
Les moins
- pour chipoter, un peu léger si on y joue trop souvent (extension?)
Les plus
- Le fait de retourner sa feuille pour poursuivre sa partie de l’autre côté apporte une vraie originalité au genre
- Il ne s’agit pas de cocher des cases mais de placer / dessiner des polyominos intelligemment
- une superbe édition qui rend le miroir et le scoring très agréable
- j’adore les différences de scores, il y a des fois où les plans ne se passent pas comme prévu ^^
Envie de rejouer ? oui car mon score ne pourra être que meilleur 🙂
Les actus que j’ai retenues en août
Avec le Sommet des Jeux, couvert par Un Monde de Jeux, le mois d’août a été particulièrement riche en actualités ludiques. Voici les trois news qui ont retenu mon attention.
- les pin’s Got Five : actualité ici
- Aeris chez Fentasy Games : actualité ici
- Nemesis Legacy annoncé en VF (mais la campagne est full coop, le reste non) : actualité ici
Ma sortie préférée du mois d’Août
Covenant ! Evidemment…… Je lui ai dédié un article après 7 parties jouées. Une machine à combo tellement satisfaisante. Foncez 🙂
Covenant est disponible dans nos boutiques partenaires Ludum, Philibert













