2,5 jours, 13 jeux, 0 regret (enfin, presque)

2,5 jours, 13 jeux, 0 regret (enfin, presque)

Il y a des weekends qui se planifient. On prévoit des balades, des restaurants, peut-être un film le samedi soir si tout le monde est encore debout. Et puis il y a les weekends chez Truffeauvent.

Celui-là ne s’est pas planifié. Il s’est simplement imposé, avec la force tranquille d’une évidence : des jeux sur la table, des gens autour, et une question fondamentale qui ne se pose même pas — « on fait une partie ? ». La réponse est toujours oui. La question suivante — « encore une ? » — aussi.

Bilan chiffré : 2 jours et demi, 13 jeux différents, des dizaines de parties, et à un moment donné la conviction collective que 20 manches de Got Five en un weekend, c’est tout à fait raisonnable. On a dormi. Un peu. Entre deux parties.

Il faut aussi évoquer Truffeauvent. Truffeauvent gagne. C’est une donnée, une constante, un phénomène naturel au même titre que la gravité ou la pluie un jour de pique-nique. Peu importe le jeu, peu importe la complexité, peu importe si Truffeauvent le découvre à l’instant même où on lui explique les règles — Truffeauvent gagne. On a envisagé plusieurs hypothèses : chance exceptionnelle, calcul mental à vitesse industrielle, pacte avec une divinité ludique. Aucune ne tient vraiment. La vérité est peut-être plus simple : certaines personnes sont juste faites pour ça.

Voici donc le compte-rendu fidèle — ou presque — de ce marathon. Jeu par jeu. Partie par partie. Défaite après défaite, pour certains d’entre nous.

Moon Colony Bloodbath

Le mercredi, on ouvre les hostilités avec Moon Colony Bloodbath. Première partie. Truffeauvent gagne. Évidemment.

Le jeu, d’abord : on est sur la Lune, chacun tente de coloniser des zones, d’étendre sa base, de sécuriser des ressources — et c’est là que le jeu prend le contrôle. Parce que Moon Colony Bloodbath, c’est surtout un jeu qui vous fait subir des choses. Les événements s’enchâînt, les catastrophes arrivent, la Lune n’est pas un endroit accueillant et elle le fait savoir. On réagit plus qu’on n’agit, on tente de limiter la casse autant que d’avancer, et la victoire appartient à celui qui survit le mieux au chaos ambiant plutôt qu’à celui qui a tout planifié. « Bloodbath » n’est pas un surnom de marketing, c’est un avertissement. On a beaucoup aimé.

On y est revenus le jeudi soir — à 23h00, ce qui en dit long sur notre rapport sain et équilibré au sommeil. Deuxième partie. Truffeauvent gagne encore. À 23h, après une journée chargée, avec des neurones déjà bien écornés par les jeux précédents. On ne sait pas si c’est impressionnant ou légèrement vexant. Probablement les deux.

1–5 joueurs, 14 ans et +, 45–90 Min
Complexité BGG : 2.10 / 5
Auteur: Donald X. Vaccarino
Illustrateur: Franz Vohwinkel
Editeur: Rio Grande Games

Moon Colony Bloodbath disponible en boutique Ludum et Philibert

 

La Pâtisserie Rococo

Une seule partie, et une vraie déception.

Le thème est charmant : on gère une pâtisserie viennoise à l’époque baroque, on honore des commandes de gâteaux élaborés, on gère ses ingrédients, on court après les clients. Le matériel est joli, l’univers est soigné. Mais sur la table, le soufflé retombe. Les mécanismes manquent de mordant, les décisions ne génèrent pas vraiment de tension, et on sort de la partie sans avoir eu l’impression que grand-chose s’était joué. Son grand frère — Rococo Deluxe — est autrement plus costaud. Celui-là, c’est la version qui déçoit les gens qui connaissent.

1–5 joueurs, 14 ans et +, 60–150 Min
Complexité BGG : 3.25 / 5
Auteurs: Stefan Malz, Louis Malz
Illustrateur: Fabrice Weiss
Editeur: Eagle-Gryphon Games

 

Got Five

Et puis il y a Got Five. Le jeu du weekend. Pas d’une soirée — du weekend entier. Vingt parties. Réparties sur les trois jours, quelques-unes par-ci, quelques-unes par-là, glissées entre deux autres jeux comme on grignote entre les repas. Sauf qu’on ne s’en rendait pas vraiment compte sur le moment.

Le principe est redoutablement simple : chaque joueur choisit à l’aveugle cinq éléments parmi des catégories données, et doit tenter de les deviner en demandant des indices à chaque tour, tout en s’appuyant sur les grilles et actions des autres joueurs. La mécanique est épurée, l’information se distille petit à petit, et chaque partie dure juste assez longtemps pour vouloir en relancer une immédiatement. C’est exactement le problème. C’est le genre de jeu qu’on sort « pour une petite partie rapide » et qui finit par coloniser la table, les apéros, les pauses café et probablement quelques transitions entre deux activités qui n’avaient rien demandé. Les ados sont arrivés, les jeunes adultes ont suivi, personne n’est reparti. C’est seulement le dimanche, en faisant le bilan, qu’on a réalisé qu’on en était à vingt parties. Truffeauvent, implacable comme d’habitude, a globalement dicté sa loi à chaque session.

2–4 joueurs, 8 ans et +, 15 Min
Complexité BGG : 1.33 / 5
Auteur: Yoann Levet
Illustrateurs: Mathieu Clauss, Simon Douchy
Editeur: Blue Orange

Got Five en boutique LudumPhilibert

Innovation 4ème édition

On a glissé Innovation 4ème édition dans la journée, et c’était une très bonne idée.

C’est un jeu de civilisation entièrement par cartes, où l’on traverse les âges de l’humanité — de la préhistoire à l’ère numérique — en jouant des inventions qui donnent des pouvoirs, modifient les règles, et rendent rapidement le plateau complètement ingérable. Chaque époque écrase la précédente, chaque carte peut tout remettre en question, et les retournements de situation sont légion. C’est tendu, c’est imprévisible, c’est parfois chaotique dans le bon sens du terme. Une vraie bonne surprise pour ce format weekend.

2–5 joueurs, 14 ans et +, 30–60 Min
Complexité BGG : 3.16 / 5
Auteur: Carl Chudyk
Illustrateurs: Alanna Cervenak, Sarah Farooqi, Robert Simmons
Editeur: Asmadi Games

Innovation en boutique Ludum et Philibert

Sweet Lands

Jeudi matin, on sort l’artillerie lourde : Sweet Lands.

Derrière l’univers sucré et les visuels pastels se cache un jeu de gestion et de placement sérieux, exigeant, qui demande de planifier plusieurs coups à l’avance tout en s’adaptant à ce que font les autres. On gère des cultures, des récoltes, des transformations — et tout s’enchaîne dans une logique qui récompense ceux qui voient loin. C’était une découverte pour Truffeauvent, qui a pris la partie avec beaucoup d’application. La partie est longue — vraiment longue — mais on ne s’ennuie pas une seconde. Le genre de jeu où tu regardes ta montre non pas parce que tu t’ennuies, mais parce que tu réalises soudainement que l’après-midi s’est évaporée.

1–4 joueurs, 14 ans et +, 100–200 Min
Complexité BGG : 4.00 / 5
Auteur: Totsuca Chuo (Ostia)
Illustrateur: Tatsuki Asano
Editeur: Uchibacoya (Pixie pour la VF)

Sweet Lands dans nos boutiques partenaires: Ludum (moins cher si abonné) et Philibert

Pulitzer

Juste après : Pulitzer. Et là, déception cuisante.

Pourtant tout était là pour que ça marche : un thème autour du monde de la presse et du journalisme, un matériel vraiment soigné, une direction artistique qui donne envie. Et puis on joue. Et on attend que ça démarre vraiment. Et ça ne démarre pas vraiment. Les mécanismes restent en surface, les décisions manquent de poids, et on finit la partie avec l’impression désagréable que le jeu n’a jamais réussi à tenir la promesse de sa boîte. Quand l’emballage est meilleur que le contenu, ça fait particulièrement mal. A noter qu’il y a un mode de jeu spécial 2 joueurs, peut être à retenter à plus de 2.

1–5 joueurs, 14 ans et +, 60–120 Min
Complexité BGG : 2.75 / 5
Auteur: David Vaquero
Illustrateur: Juan David Vargas
Editeur: Tranjis Games

 

El Burro

Puis El Burro, la réinterprétation de La Granja — un jeu de gestion agricole espagnole réputé pour sa richesse et sa profondeur.

Sur le papier, le projet est séduisant : reprendre une mécanique solide, la moderniser, l’enrichir. Dans la pratique, la règle est si mal écrite qu’on passe plus de temps à se demander ce qu’on est censé faire qu’à jouer vraiment. On a tenté deux tours pour tester, on a partagé, on a rangé. Peut-être que le jeu mérite mieux qu’une règle aussi confuse. Pas ce jour-là.

1–4 joueurs, 12 ans et +, 75–150 Min
Complexité BGG : 4.19 / 5
Auteurs: Michael Keller (II), Andreas Odendahl
Illustrateur: Harald Lieske
Editeur: Fentasy Games + Spielworxx

El burro dans nos boutiques partenaires : Ludum (moins cher si abonné)Philibert

Fourmis 

Pour clôturer le jeudi, on ressort un grand classique : Fourmis, édité par Intrafin. Avec, pour l’occasion, la présence de Monsieur Truffeauvent à la table.

On incarne une colonie de fourmis, on gère ses ressources, on développe sa fourmilière, on se bat pour la domination du jardin. Le thème paraît anodin, la réalité est tout autre : c’est un jeu tendu, malin, avec de vraies interactions et des décisions qui comptent. Un jeu qu’on ressort toujours avec le même plaisir. Sauf qu’il faut savoir une chose sur Monsieur Truffeauvent : sur Fourmis, il est pratiquement imbattable. Pratiquement. On garde l’espoir. C’est important, de garder l’espoir.

2–4 joueurs, 13 ans et +, 90 Min
Complexité BGG : 3.33 / 5
Auteurs: Renato Ciervo, Andrea Robbiani
Illustrateurs: Candida Corsi, Sara Valentino
Editeur: Cranio Creations (Intrafin pour la VF)

Fourmis à acheter dans nos boutiques partenaires : Ludum (moins cher si abonné)Philibert 

Daitoshi

Vendredi, place aux découvertes. Daitoshi, deux parties.

Un jeu de développement urbain japonais où l’on construit une ville en posant des tuiles, en activant des quartiers, en optimisant des flux de population et de ressources. Chaque décision en conditionne cinq autres, les synergies s’accumulent, et quand tout s’emboîte correctement c’est d’une satisfaction rare. Brise-neurones assumé — mais du genre qui récompense l’effort. Les deux parties ont été tendues, serrées, et Truffeauvent a navigué dans tout ça avec une aisance déconcertante pour quelqu’un qui découvrait le jeu.

1–4 joueurs, 14 ans et +, 120 Min
Complexité BGG : 3.94 / 5
Auteur: Dani Garcia
Illustrateur: Marina Vidal
Editeur: Devir (Pixie pour la VF)
boite presse.

Daitoshi est disponible dans nos boutiques partenaires Ludum et Philibert

Endeavor : Eaux Profondes 

Vendredi, deux parties d’Endeavor : Eaux Profondes, publié par Super Meeple. Monsieur Truffeauvent est de la partie — et autant dire que ça ne simplifie pas les choses pour les autres.

On plonge — littéralement — dans les profondeurs océaniques pour explorer, récolter des ressources, développer ses capacités et tenter d’exploiter les fonds marins avant les autres. C’est un jeu de gestion et d’exploration bien huilé, riche sans être indigeste, avec suffisamment de tension entre les joueurs pour que chaque partie soit différente. Deux parties, deux excellents moments. Monsieur Truffeauvent y était manifestement très à l’aise — comme partout ailleurs, mais on commençait à s’y habituer.

1–4 joueurs, 10 ans et +, 60–120 Min
Complexité BGG : 2.92 / 5
Auteurs: Carl de Visser, Jarratt Gray
Illustrateurs: Fahed Alrajil, Josh Cappel, Maruša Gorjup
Editeur: Burnt Island Games (Super Meeple pour la vf)

Endeavor Eaux Profondes, disponibles dans nos boutiques partenaires : Ludum et Philibert

Ada’s Dream

Ensuite, Ada’s Dream — un titre d’Alley Cat Games, découverte pour Truffeauvent.

Rien d’onirique ici, contrairement à ce que le nom pourrait laisser croire. Ada, c’est Ada Lovelace, pionnière de l’informatique, et le jeu lui rend hommage de la façon la plus concrète qui soit : on construit un ordinateur. Un vrai, avec des engrenages, des composants, des dés à placer au bon endroit pour configurer sa machine et la faire tourner le plus efficacement possible. C’est mécanique, c’est logique, c’est exigeant. Les dés ne tombent pas toujours où on voudrait, les engrenages réclament d’être placés dans le bon ordre, et chaque décision a des conséquences sur ce qu’on peut faire ensuite. Beaucoup de choses à gérer simultanément, beaucoup de contraintes à respecter — et une vraie satisfaction quand la machine tourne rond. Truffeauvent, qui découvrait le jeu, a compris le système beaucoup trop vite au goût de certains.

1–4 joueurs, 14 ans et +, 90–120 Min
Complexité BGG : 4.00 / 5
Auteur: Toni López
Illustrateur: Javier González Cava
Editeur: Alley Cat Games

Red Notice

Samedi, dernière matinée. Truffeauvent me fait découvrir Red Notice.

Le principe est limpide et jubilatoire : le FBI contre des voleurs. Un camp tente de s’échapper, l’autre de les arrêter. Les déplacements sont cachés, les intentions masquées, le bluff permanent. La tension monte naturellement à mesure que les positions se resserrent et que chaque décision peut tout faire basculer. C’est du vrai chat et de la souris, bien construit, avec cette nervosité agréable qu’on cherche dans ce type de jeu asymétrique. Très bonne découverte. Et pour une fois, c’est moi qui ai gagné. On notera l’événement.

2 joueurs, 10 ans et +, 20–40 Min
Complexité BGG : 2 / 5
Auteurs: Gautier de Cottreau, Baptiste Laurent
Illustratrice: Amélie Guinet
Editeur: Catch Up Games

Disponible en Mars en boutique LudumPhilibert

Le Coupable est Carnivore

On termine en beauté avec Le Coupable est Carnivore.

Un jeu de déduction façon enquête criminelle, où les joueurs accumulent des indices, éliminent des suspects, et tentent de pointer le coupable avant les autres. La mécanique est bien huilée, les fausses pistes sont nombreuses, et le moment où tout s’emboîte a ce petit goût de satisfaction qu’on recherche dans ce genre de jeu. Excellent. La conclusion parfaite pour un weekend parfait.

1–5 joueurs, 8 ans et +, 20 Min
Complexité BGG : 1.80 / 5
Auteurs: Daumilas Ardickas, Urtis Šulinskas
Illustratrice: Cecilia Lonnie
Editeur: Horrible Guild

Le coupable est Carnivore est disponible dans nos boutiques Partenaires : Ludum et Philibert

Un grand merci

Mais un marathon de jeux, aussi réussi soit-il, ne se résume pas à ses boîtes. Il y a la table autour de laquelle on joue, les gens avec qui on la partage — et sur ce point, Truffeauvent et toute sa petite famille ont été, comme d’habitude, absolument fabuleuses.

Accueil cinq étoiles, atmosphère chaleureuse, et cette capacité rare à rendre chaque moment agréable — qu’on soit en train de se battre sur une colonie lunaire ou simplement à l’apéro autour d’un Hitster. Parce que le vrai plaisir du weekend, c’est aussi ça : les rires entre deux parties, les discussions qui s’étirent bien après la fin d’une manche, les moments qui n’ont rien à voir avec les jeux et qui restent pourtant. Merci à vous pour tout ça. On remet ça très vite.

2 Comments

  1. Et tu continues ta session avec ce riche partage. Avec des impressions courtes et concises ! Merci.

  2. Garf

    Hello. Je vois une boite du Bien et du Malt sur la première photo. Avez-vous pu y jouer ? Et si oui, j’aimerais bien un retour… Et merci pour les avis sur les autres jeux.

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