Un monde merveilleux / it’s a wonderful world

Je continue dans ma période de jeux basés sur des cartes. J’ai craqué pour It’s a Wonderful World. Après une quinzaine de parties solo et 2 à 2 joueurs, je me suis dit que cela serait chouette de vous faire un retour 🙂

It’s a Wonderful World, de Frédéric Guérard, illustré par Anthony Wolff, édité par la boite de jeu , pour 1 à 5 joueurs, (35,90 € chez Philibert).

Le pitch ?

Vous allez développer votre empire dans ce nouveau monde. Cela consistera à construire des bâtiments, savoirs, engins, … représentés par des cartes, qui vous permettront de produire des ressources (matériaux, énergie, science, or, exploration), qui vous permettront de construire des cartes, etc…

Les règles tiennent sur quelques pages, une des forces du jeu est la simplicité de prise en main et de compréhension (Pour ce qui est de bien jouer, c’est une autre histoire…).

Le jeu se joue en 4 manches. Lors d’une manche, il y aura une phase de sélection de cartes, que vous pourrez ensuite soit défausser pour récupérer une ressource, soit mettre en construction dans votre empire. Vient pour finir la phase de production de ressources, en fonction des cartes déjà construites et présentes dans votre empire, avec un bonus de majorité pour celui qui a la plus grosse production.

Un peu de détail ?

Une première phase consiste à drafter un ensemble de 10 cartes. Les règles sont légèrement différentes à 1 joueur : vous aurez préparé à l’avance des paquets de 5 cartes, et pour chaque manche, vous sélectionnerez les cartes à garder pour construire ou à défausser, 2 fois de suite.

Voici l’anatomie d’une carte : le coût apparait en haut à gauche, le recyclage en bas à droite, la production si construite en bas au centre

exemple de carte

Pour la 2ème phase, une fois les cartes sélectionnées, les joueurs vont choisir soit de mettre les cartes dans une zone à construire, soit d’en défausser certaines pour récupérer la ressource de « recyclage » associée.

Dans cette phase de sélection, il faudra optimiser ses choix pour construire rapidement vos cartes en construction.

La 3ème et dernière phase sera celle de production. Elle s’effectue dans un ordre très précis, qu’il faudra bien avoir pris en compte dans la sélection des cartes. En effet, si une carte est construite grâce à la production d’une ressource, elle sera immédiatement disponible dans votre empire pour le reste des ressources à produire. Vous pourrez donc, avec un peu de pratique enchaîner les constructions de cartes. Comme signalé un peu plus haut, le joueur qui produit le plus de ressources d’un type se voit octroyer un jeton bonus qui peut être nécessaire à la construction de certaines cartes, ou rapporter des points en fin de partie.

Les 4 manches s’enchaînent ainsi avant de procéder au décompte des points de victoire, en fonction des cartes construites et présentes dans votre empire (il y a des PV directs, des PV en fonction des types de cartes construites ou des jetons bonus).

Le jeu est extrêmement simple à expliquer : 4 manches, 3 phases par manche (draft, sélection de cartes à construire/recycler, production).

Découverte, en solo

Lors de ma première partie, je me suis dit « c’est tout ? bah c’est simple et pas de quoi fouetter un chat… Ensuite, j’ai calculé mon score…minable… et je me suis rendue compte que j’étais loin d’avoir saisi la complexité du jeu …

J’ai donc enchaîné les parties, en recommençant par la base : La boite de jeu a mis à disposition des scénarios d’initiation, à faire en solo, qui nous aide à comprendre et assimiler les techniques pour construire efficacement et chaîner nos constructions de cartes. Publiés initialement sur facebook, vous les retrouverez sur BGG. Je monte doucement en puissance…

Ensuite, j’ai attaqué les scénarios solo présents dans la règle. Cela vous donne un setup de départ, et des scores cibles à atteindre sur 3 niveaux (bronze/argent/or). Mon objectif est d’atteindre le niveau Or, avant de passer au suivant… je suis toujours sur le premier !!! Je poursuis donc mes efforts…

les cartes présentes dans votre zone construction, au début du scénario

Two players / 2 joueurs

J’ai pu convaincre un membre de ma famille de jouer avec moi. On a donc fait 2 parties à 2 joueurs… Alors là, c’est archi dur pour moi : j’ai beaucoup de difficultés à me projeter efficacement pendant la phase de draft. L’avantage du solo est que j’étale mes cartes, je prends le temps de réfléchir et de projeter mes options. A deux, avec les cartes en main durant la phase de draft, je suis beaucoup moins pertinente sur mes choix.

Le mot de la fin

Les Plus : Il a un côté très addictif, car il est rapide à mettre en place, rapide à jouer. Il demande vraiment beaucoup de pratique pour arriver à avoir un résultat satisfaisant (toujours pas décroché de médaille d’or). L’extension « Guerre et Paix » me fait de l’oeil, j’aime bien les idées de campagnes à dérouler dans les jeux, avec les éléments qui viennent s’ajouter au fil des parties.

Les moins : J’ai vraiment du mal dans le mode multi joueur, où je n’arrive pas à anticiper intelligemment ma sélection de cartes. Je pense que vu le temps nécessaire pour être pertinent dans sa sélection et usage des cartes, une partie mêlant des débutants et des joueurs expérimentés seront fatales à la 1ère catégorie.

La question du jour : Est ce qu’une mécanique se suffit à elle-même pour faire un bon jeu ?

Je suis quand même embêtée avec ce jeu. Il me manque un quelque chose… ou pas…

Je m’explique : d’habitude, la gestion de production de ressources vient alimenter un jeu, il s’agit d’une mécanique englobée dans quelque chose de plus vaste. Ici, on est rendu à mettre en place un moteur de ressources pour faire des cartes qui vont produire à leur tour. Pas plus, pas moins. Le jeu est hyper bien équilibré, tendu comme il faut, ardu aussi. Mais c’est tout ce dont il s’agit : mettre en place notre moteur de production pour produire. Je suis assez déroutée par ce côté épuré.

Cela ne m’empêche pas d’y revenir encore et encore, pour enfin avoir cette première médaille d’or !

Et vous : vous aimez ou pas ?????

It s a wonderful World, épisode II

Alors voilà, j’ai mis un peu de temps pour dire à la tenancière de publier cet article et j’ai poursuivi avec ce jeu… j’en suis à 27 parties… en solo, a 2, a 3/4/5 !

Je peux compléter mon avis avant publication du coup 🙂

Il faut dire qu’il faut du temps pour s’approprier le tempo du jeu, les cartes très nombreuses. Arriver à gérer l’organisation et la planification des 4 manches n’est pas chose aisée !!

Alors premier élément : le thème du jeu : maintenant que je suis à l’aise avec le jeu, j’ai enfin pris le temps de rentrer dans son univers. Là où je ne voyais que des cubes de couleur, maintenant je vois les matériaux, argent, etc… il y a une vraie relation entre la carte, les ressources nécessaires et ce que cela rapporte.

J’ai pris beaucoup de plaisir à examiner chaque carte. On a une vraie volonté de la part de l’éditeur d’avoir un univers construit et cohérent. Les scénarios proposés renforcent ce côté pour mon grand bonheur.

Concernant le jeu en multi : il a fait l’unanimité ! Facile à expliquer, partie rapide et nerveuse. Et tout le monde joue en simultané 🙂 chose amusante : un des joueurs autour de la table a tout de suite bien lu le jeu et a fait des supers scores d’entrée. Comme quoi…

Enfin, j’ai tellement accroché au jeu que j’ai craqué pour l’extension guerre et paix… qu’est-ce que vous voulez… du coup je suis doublement intéressée par vos avis, retours !!

11 Comments

  1. Je conseille vraiment, si l’occasion se présente, de tester à 3 ou 4 joueurs (pour moi à 2, c’est plus du « solo à 2 » avec un plus grand choix de cartes, mais donc plus ouvert et pas spécialement contraignant).
    Car en multi-joueurs, au plaisir déjà présent de l’optimisation s’ajoute celui de l’interaction via le contre-draft qui, je trouve, ajoute une dimension supplémentaire et pimente un peu les parties :
    « Bon, j’ai le choix entre celle-ci et celle-là… alors attends, elle à côté, elle est partie sur les jaunes, et du coup, celle-là l’arrangerait bien. Hop, je la sélectionne donc, ça fera du bon recyclage ».
    On peut de manière indirecte embêter un peu les copains et freiner les développements, et plus qu’une seule course aux points, c’est la compétition entre divers empires qui se développent autour de la table.. un régal.

    Possesseur de la version KS, on a fait les 2 campagnes Guerre et Paix et Loisirs et Décadence.
    Guerre et Paix est parfaite, elle prolonge le jeu de base en introduisant à chaque manque quelques nouveaux petits mécanismes sympas, le tout avec un peu de narration sympathique (toujours sur le ton mi sérieux semi-second degré too much du thème général du jeu) et quelques surprises (en étant volontairement flou : on sait qu’on peut réaliser ce machin ou ne pas le faire.. mais on ne sait pas les conséquences de l’une ou l’autre option sur la prochaine partie).

    La campagne Loisirs et Décadence approfondit encore la chose en ajoutant un tas de trucs rigolos au fil des parties. J’ai trouvé qu’à la fin ça commençait à s’empiler, et qu’une bonne idée introduite vers le milieu n’était plus exploitée ensuite.. même si on peut après la campagne intégrer ensuite des mécanismes au jeu de base..

    Bref, si le jeu a plus en solo, je recommande vraiment de tenter à plusieurs.

    Et une joueuse a proposé récemmment qu’on se relance la première campagne, histoire de voir la 2ème fin (y’a un embranchement possible à un moment)

    • Merci pour ton retour ! Toute la premiere partie de l’article etait fait apres beaucoup de solo mais peu a plusieurs.
      J’ai ajouté l’épisode II car depuis j’ai dû faire une quinzaine de parties a plusieurs : c’est un grand oui ! Il faut du temps pour être a l’aise, connaitre les cartes… mais je te rejoins, c’est vraiment top !

      • Anéfé, j’avais zappé l’épisode II.
        Et oui, quand on commence à connaitre les cartes et les grandes orientations, ça devient surpuissant (scorer sur du jaune = produire impérativement du jaune dès le début.. scorer sur le bleu = prévoir un peu de blanc et noir au début puis un max de bleues..)

      • Campagne en 5 ou 6 parties (rejouable)
        A chaque partie, tu as une sorte de carte commune , sorte d’objectif commun. Selon sa réalisation ou pas, cela donne une carte supplémentaire a chaque joueur a ajouter a son empire qui oriente ton jeu. Les cartes obtenues dependent de ta contribution (plus ou moins forte).
        Top !!!

  2. Merci Truffeauvent pour ce retour sur le jeu. C’est vrai qu’on entend tout et son contraire sur ce jeu. Au moins vous êtes factuel. Merci de nous faire un retour un de ces 4 sur « guerre et paix » Ludiquement…

    • Merci 🙂
      J’essaie de faire au moins une dizaine de parties avant d’écrire, histoire, sans etre objectif car c’est forcément subjectif par rapport a mes goûts et ce que j’attends des jeux, d’avoir suffisamment de recul.
      Sans faute le retour sur la campagne !

  3. moi aussi je m acharne sur le solo que j adore, rapide addictif avec son score a battre , les scenaris avec leurs configurations perso c’est un must have les yeux fermés

  4. Merci pour cet article qui explique bien l’intérêt ludique de ce Wonderful World. Personnellement, je ne suis pas forcément très bon à ce jeu, mais j’aime y jouer en raison du message subversif induit (j’avais écrit à ce propos dans un magazine). Pour gagner, on doit construire ce fameux « Wonderful World » qui est bel et bien un régime autoritaire voire carrément dictatorial qui se cache sous un bonheur du peuple de façade. Un jeu qui a un message politique subversif pour dénoncer le populisme ! Chapeau.

  5. Pour guerre et paix, je suis curieux de savoir s’il y a de nouveaux mécanismes et cartes de factions de départ (sans spolier bien sûr). Si l’extension ne rajoute juste que des cartes sur le même fonctionnement ça risque d’être redondant et inutile, même si il y a la campagne… Même interrogations pour corruption et ascenssion en preco sur philibert… Merci

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