NANTY NARKING : Le disque monde à l’ère Victorienne

2–4 joueurs, 14 ans et +, 1h
Auteur: Martin Wallace
Illustrateur: Bartek « bartosy1 » Jędrzejewski
Editeur: PHALANX
94,90 € chez Philibert
Photos de Nanty Narking prises par Géraldine DUVAL

Moi y a des noms, dès que je les entends prononcer, je frémis, je tremble, je coule à grosses gouttes et je finis toujours par trépigner de désir. Martin Wallace est un de ces noms (pour ne citer que lui. Cependant je pourrais rajouter, Alexandre Pfister, Clara Morgane, Vlaada Chvatil, etc…).

Alors que les deux Brass sont enfin et à nouveau disponibles à la vente dans une version remasterisée pour le plus grand plaisir de nos yeux et de nos papilles ludiques, le grand Martin nous jette en pâture son nouvel opus à savoir Nanty Narking. Vous vous en doutiez c’est quand même le titre de l’article.

Enfin quand je dis « nouvel », c’est pas vraiment « nouvel, nouvel ». Parce que le jeu n’est autre que la version retapée du vieux Ankh Morpokh, le Disque Monde. Un jeu qui n’est plus vraiment trouvable et qui avait eu en son temps son heure de succès.

« Foncez lire du Terry Pratchett. C’est bon pour le moral. » : Clémence Bringtown de la Compagnie Créole

Là, en ce moment de l’article on se pose tous une question, votre aimable serviteur compris : qu’est-ce qu’il a le père Wallace à nous passer tous ses jeux à la moulinette du renouveau ?

Est-il ruiné ? En panne d’idée ? Fait-il sa mue et si oui a-t-il du sang de serpent ? Que de légitimes questions que nous nous posons et pour lesquelles nous n’aurons point de réponse. C’est ça le sens de la vie et je vous invite dès maintenant à y méditer. On se retrouve dans 20 minutes.

Hoooooommmmme !!! (oui celle là elle est un peu pourrie…Ceci dit la précédente c’était pas mieux. Petite forme El Stefano…)

La thématique/background du jeu est assez peu explicitée dans les règles. Disons qu’en gros cela se passe dans l’Angleterre Victorienne et que vous allez croiser au cours de la partie les personnages de la littérature de cette époque et principalement celle d’auteurs tels que Conan Doyle et Dickens. A la lecture de notre carte personnage on connaitra notre objectif pour la partie mais côté thématique. C’est à peu près tout. Moi je le crie haut et fort : ça me colle les boules !!! Pour moi un jeu ça commence par une histoire.

« Noël approche c’est le bon moment pour avoir les boules… »

En ouvrant la boite je me rends compte que les quelques 95,00 euros que coûte celle-ci ne sont pas vains du moment qu’on aime les figurines. Figurines qui sont somptueuses. Vraiment somptueuses. J’adore. Les cartes du jeu le sont tout autant. Le tout couplé à un plateau reprenant une carte de Londres de l’époque et c’est le transport spatio-temporel vers l’époque ciblée par le jeu. Oui, je suis fan d’Anachrony.

« Les Femen vont brûler ce jeu… « 

La lecture des règles est plutôt laborieuse, pour le moins dirais-je mal aisée. Certainement écrites par un enfant de 8 ans (les conditions de fin de victoire sont au moins répétées trois fois, le matériel de jeu est mal identifié, c’est fouillis, brouillon et bordélique). Au final, il suffisait de se saisir de l’aide de jeu pour comprendre la bestiole. Du coup ; point positif les règles tiennent au final sur un timbre-poste et s’avèreront simples et rapides à expliquer aux copains. Car si les règles sont un peu moisies, l’aide de jeu est, elle, parfaite. Une fois la boite ouverte, en 20 minutes on peut être prêt à jouer. Pour nous, les gros joueurs, parfois, ça fait plaisir de ne pas se coltiner une heure de règles.

« L’argent, encore le nerf de la guerre…. »

Chaque joueur dispose d’un personnage secret qui lui indique ses conditions propres de victoire (en gros, être majoritaire sur x zones, posséder x argent,…). Par contre sur l’aide de jeu apparaissent toutes les conditions de victoires secrètes. Autant dire que ça laisse la place à une intense spéculation quant aux intentions des uns et des autres. Puis vous recevez 5 cartes qui sont le cœur du jeu. Ces cartes vous permettent de réaliser les actions qui y sont inscrites dessus (tout bêtement). L’icono est plus que claire et compréhensible et il suffit se reporter à l’aide pour savoir quoi faire. Un singe narcoleptique s’en sortira aisément. Les actions sont : tuer un agent adverse, poser un de vos agents, jouer un événement, poser un immeuble, prendre de l’argent, etc… Je vous rassure y’en a pas dix mille, y’en a pas dix non plus.

« On pourra toujours réutiliser la carte pour Sherlock Holmes détective conseil. »

Essayez de réaliser votre objectif avant tout le monde tout en multipliant les coups bas contre vos adversaires. Essayez de deviner leur objectif secret et ainsi les empêcher de gagner. Battez-vous pour les majorités de territoire, détruisez les immeubles chèrement payés par vos adversaires. Tuez dans les ruelles à problèmes. Participez aux émeutes. Ici point de fair play ludique, c’est la guerre totale. Si aucun personnage ne complète son objectif avant la fin de la pioche alors le personnage qui a construit les immeubles dans les meilleurs quartiers et qui aura le plus d’agent sur son plateau remportera la victoire.

« Raaaaahhhh. Beuuuuarrr !!! Y sont où ces putains de meeples ! »

Alors c’est bien ?

Si on aime le chaos, l’absence de contrôle total, les retournements de situations et les renversements imprévus de partie, si on aime faire des coups bas à ses adversaires, s’entretuer, se jeter les cacahuètes au visage, pourquoi pas s’insulter un peu, si on pas aimé le parrain parce qu’on le trouvait trop stratégique, alors Nanty Narking est fait pour vous chers lecteurs pleins d’enthousiasme. Nanty Narking c’est ce genre de jeu où il ne faut pas être susceptible, il ne faut pas compter sur son cerveau, il ne faut pas se prendre au sérieux. C’est joyeux, foutraque et bordélique. C’est vite expliqué, vite joué et on se marre comme il faut.

Mais : non ce n’est pas un jeu stratégique. Pour les joueurs experts : c’’est un party game, un jeu d’apéro, un ok game. Pour les Joueurs plus casual, plus cool, c’est un bon jeu bien sympatoche, c’est un poker de coups tordus, c’est un bluff permanent et des regards en biais, c’est fun.

Nous étions autour de la table de toutes les catégories ludiques. Tout le monde a apprécié.

L’avis de Vir vir , joueuse émérite de gros jeux experts mais qui ne rechigne jamais devant un p’tit familial :

« J’ai beaucoup aimé les illustrations et les figurines. Bon jeu avec forte interaction, combo de carte et coup bas en série…. 

Après, aucune maîtrise sur la direction de son propre jeu, très opportuniste. Pour une fin de soirée ou une partie très light. Je n’y rejouerai pas 10 fois…. 

Et la rédaction des règles est juste imbuvable comme une cup of tea laissée 1 mois sur la table du salon near le pudding…. « 

L’avis de Gégé, joueuse émérite de jeux familiaux mais qui ne rechigne pas devant un p’tit expert cool :

« Un jeu à jouer entre potes qui ont le sens de l’amitié assez aiguisé … Et qui ne sont pas susceptibles face aux gros mots et aux attaques directes …. « 

Nous avons passé un bon moment et les murs raisonnent encore de tous ces noms d’oiseaux que nous nous sommes jetés à la face. Les gros joueurs y rejoueront dans 3 mois ou dans 6, peut–être jamais, les casuals entament déjà leur cinquième partie. Nous en tirerons une bonne leçon : dans le merveilleux monde du jeu, on en trouve pour tous les goûts. Oui, décidément, une bien belle leçon de tolérance qu’on aimerait voir plus souvent sur les réseaux sociaux.

Nanty Narking, un bel objet ludique, que vous pouvez retrouver ici :

Et pour finir un petit sondage :

La photo ci-dessous représente :

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La réponse dans notre prochain article.

El Stefano

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