Fertility Vs Sapiens au pays de Catch Up Games

Catch Up Games sort en Octobre (pour Essen 🙂 ) un jeu dont la mécanique est basée sur celle des dominos : Fertility de Cyrille Leroy et Jérémie Fleury.

Ah ? Mais Sapiens, même auteur et même éditeur, sorti en 2015, n’était-il pas déjà un jeu de dominos, s’étonnent les passionnés qui suivent (tant bien que mal) l’actualité ludique foisonnante ? Et bien si, ma bonne dame.
Du coup, moultes questions nous assaillent : est-ce que c’est le même jeu, quelles sont les différences, est-ce que ça ne fera pas doublon, lequel est le meilleur, tout ça, tout ça.
Comme j’aime beaucoup Sapiens et que j’ai pu jouer à Fertility (version proto terminé), je me lance (à mes risques et périls) dans une petite comparaison.

Micha avait en son temps fait un excellent article sur Sapiens. Il est ici.

En résumé, dans Sapiens, faire « matcher » les scènes des dominos fait gagner des ACTIONS, dont certaines permettent d’interagir de façon agressive avec les adversaires (baston, feu, échange de tuiles…). La case sur laquelle est posée la tuile fait par ailleurs gagner des points d’abris ou de nourriture.
Toutes les scènes connectées doivent être identiques.
Le but est d’acquérir des points dans les deux catégories, sachant que seul le curseur le moins avancé est pris en compte pour déterminer le gagnant, ce qui oblige à équilibrer la stratégie.
La difficulté réside principalement dans le choix des actions à déclencher pour optimiser son tour.
Les tuiles sont posées sur un plateau personnel, chaque joueur reste donc maître de son chemin et ne peut être gêné par un autre, sauf si celui-ci lui prend pile la tuile dont il a besoin.
Il y a un intérêt certain à construire une « route » allant d’une caverne à une autre afin de gagner des points d’abris et un jeton, ce qui rend la pose des tuiles encore plus tendue.
On peut être coincé, c’est à dire ne pas avoir de tuiles adéquates, et devoir recommencer un autre chemin en étant pénalisé.

Fertility mêle la pose de tuiles avec la gestion de ressources.


Chaque joueur reçoit en début de jeu un plateau personnel (métropole) où figurent 4 boutiques de départ, 7 emplacements vides et le grenier à blé, ainsi que des monuments et 3 tuiles Vallée, composées de deux scènes correspondant à des ressources, qui vont constituer sa réserve personnelle.


Sur le plateau central, des cases vides, des cases avec ressources, des champs de blés et des lacs.


A côté, une réserve commune de tuiles Vallée, des tuiles Boutique et des ressources.


A son tour, le joueur :

  • DOIT poser une tuile sur le plateau en faisant correspondre au minimum une des deux scènes, verticalement ou horizontalement, avec une scène déjà en jeu. A cette occasion et selon le placement il récoltera plus ou moins de ressources. S’il crée un espace entièrement clos en posant sa tuile (Carrière) il y place un Monument à sa couleur qui rapportera des points en fin de partie.

  • PEUT construire une boutique sur sa métropole en en payant le coût

  • PEUT approvisionner une ou plusieurs de ses boutiques en ressources afin de gagner les bonus correspondants, sachant que toutes les ressources non utilisées à la fin du tour sont perdues


Les points gagnés en fin de partie dépendent des Boutiques activées, du nombre de Monuments posés et du niveau de Blé.

On retrouve donc la nécessité d’être malin dans la pose des tuiles, et comme les joueurs partagent l’espace il y a concurrence et elle est rude. Poser une tuile ouvre souvent par ailleurs des possibilités pour les autres.
Il n’y a pas de « route » à faire, mais créer une Carrière et poser un Monument rapporte des points et deviendra vite une priorité.
Il faudra aussi bien choisir ses Boutiques, être vigilant sur les ressources à acquérir pour déclencher les points de victoire et ne pas « gâcher » ses gains en n’ayant pas les Boutiques adaptées pour les dépenser.
Le jeu se joue en 9 tours, ce qui est court et le rend tendu si on veut l’optimiser.

Sapiens et Fertility sont deux jeux familiaux, mais le deuxième me semble plus simple à prendre en mains pour des joueurs non experts car les contraintes de pose des tuiles sont moins drastiques, il n’y a pas pléthore d’actions possibles et pas de points A et B à relier grâce aux dominos. L’étendue du plateau permet de ne pas être bloqué (ou très exceptionnellement). De là à dire que pour les experts il est un peu frustrant… 🙂
Côté thème et immersion, ils se valent, ce n’est pas leur point fort.
Côté matériel, je préfère nettement les illustrations et les couleurs de Sapiens, mais là c’est affaire de goût.

Les deux jeux sont chez Philibert, Sapiens en anglais mais aucun texte sur le matériel et les règles en vf sont téléchargeables ici, Fertility en préco.

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