After PEL 2018 : Gùgōng (ex The forbidden city) de Games Brewer

1 à 5 joueurs, 12 ans et +, 90 minutes
Auteur: Andreas Steding  (Hansa Teutonica, Firenze…)
Illustrateur: Andreas Resch (Istanbul, Great Western Trail, Mombasa,…)
Editeur: Games Brewer

Stand 61, entre un jeu de pich’nettes et l’académie de sabre laser, se cachait (bien) une pépite ludique : Gùgōng de Andreas Steding chez Games Brewer. Financé sur Kickstarter en mai 2018, il est encore disponible en late pledge (avec livraison possible à Essen) ici, et ce serait une bonne idée de se précipiter. Il sortira bien sûr en boutique mais pas en version Deluxe.

Le changement de titre (entre la campagne et maintenant) s’explique par une obscure question de copyright. On s’habituera donc à ce nouveau nom, Gùgong, qui est le mot chinois pour désigner la Cité interdite.

On l’aura compris, le background nous emmène dans la Chine médiévale, à une époque où l’empereur Longqing lutte avec acharnement contre la corruption qui gangrène son administration. Pour contourner la loi qui la punit sévèrement, les familles nobles qui veulent influer sur la politique ou gagner des privilèges mettent au point un système d’échange de cadeaux (toute similitude avec des faits plus actuels est fortuite). C’est ce système qui sert de mécanique à ce jeu de gestion de main et d’actions.


Chaque joueur reçoit en début de jeu 4 cartes sur lesquelles figurent des objets. Elle sont numérotées de 1 à 9 et comportent pour la plupart une icône d’action (en bas).


Ces cartes devront être posées lors du tour du joueur sur des emplacements du plateau central, au nombre de 7, tous liés à des actions. La contrainte : toujours poser une carte d’une valeur supérieure à celle déjà présente (ou payer une pénalité si elle est de valeur égale ou inférieure), qui va dans la défausse du joueur et fera partie de sa main au tour suivant.
Le joueur peut ensuite exécuter l’action de la carte et l’action de l’emplacement, offrant souvent deux niveaux suivant ce qu’on est prêt à dépenser.


Que dépense-t-on ? Des serviteurs, qui circulent de la réserve générale à la réserve personnelle.

Les actions possibles sont :

  •  aller chercher grâce à son cavalier des tuiles Taxes qui non seulement donnent des bonus mais aussi s’accumulent et peuvent être échangées contre des serviteurs ou des points
  • acheter du jade qui coûte de plus en plus cher et rapporte des points à la fin de la partie
  • se positionner sur des Décrets pour gagner des privilèges
  • installer un bateau sur le Grand canal, le remplir de serviteurs et rapporter des bonus
  • faire monter le curseur des Intrigues (qui sert de tie-breaker)
  • participer à la construction de la Grande muraille en envoyant des serviteurs, éventuellement en déclenchant un décompte de majorité avec gain de points et la possibilité de dépenser des niveaux d’Intrigues pour acheter des serviteurs
  • monter sur l’échelle du Palace (le fameux, celui qui est interdit) pour accéder à sa Majesté l’Empereur


Et c’est là qu’il faut être hyper vigilant : les joueurs qui n’auront pas atteint le sommet du Palace de la Purité céleste auront PERDU, quelque soit leur score théorique. Parce que bon, le but ultime, c’est bien de pouvoir plaider sa cause auprès du grand chef. C’est punitif, il faut donc investir dans cette action régulièrement, d’autant qu’il n’y a que 4 tours de jeux !

Pour corser le tout, il y a 3 dés, lancés au début du tour, qui désignent les cartes qui, si elles sont présentes dans la défausse du joueur en fin de tour, rapporteront des serviteurs (parce qu’il faut bien en faire revenir dans la réserve personnelle).

Le jeu tourne bien, on comprend vite le principe. Certains joueurs un peu long à la détente ralentiront peut-être le rythme car il n’est pas toujours aisé de prévoir ses actions à l’avance, surtout à 5, puisque les cartes changent. La durée du jeu annoncée est de 25 minutes par joueur.

Il y a suffisamment de manières d’acquérir des serviteurs pour ne pas être bloqué, même si on doit en dépenser pour poser une carte de valeur inférieure.

L’interaction repose sur la concurrence sur la pose des cartes, la course à l’audience auprès de l’Empereur, la majorité sur la Grande muraille, l’augmentation du coût des décrets au fur et à mesure que les joueurs s’y placent, les niveaux d’Intrigues… Bref on joue ensemble et c’est agréable. La rejouabilité est donc assurée, confortée par de multiples tuiles Décrets (une quinzaine pour six emplacements), l’aléatoire des dés et des cartes.

Le matériel est de qualité, avec des tuiles imprimées sur bois (Taxes, Décrets, Bateaux), de chouettes meeples et illustrations. Les règles sont en VF.
C’est donc un très bon jeu, promis selon nous à un bel avenir.

L’avis de Mr Neil :

J’ai pledgé ce Gugong un peu à l’aveugle car je trouvais le gameplay et le design très sympas. J’étais content de pouvoir y jouer à PEL grâce à Raphael de chez Games Brewer.

Alors ce fut une belle claque, le matériel est super beau, les illustrations sont magnifiques.

4 tours, seulement 4 tours pour réussir à gravir les marches du palais céleste sans quoi vous aurez tout simplement perdu la partie. 4 actions (ou 5 si vous avez choisi ce décret) par tour pour avancer sur les différentes pistes citées plus haut. La mécanique est super simple à comprendre, par contre pour appréhender le jeu il faudra plusieurs parties.

Je ne reviendrai pas sur la mécanique car nj a déjà tout expliqué plus haut. Si vous jouez avec des joueurs qui réfléchissent beaucoup, beaucoup, beaucoup trop longtemps, le jeu va vous paraitre interminable, c’est peut être ça le petit souci.

A 5 joueurs impossible de préparer le coup d’après étant donné que le plateau change tout le temps, mais il y toujours moyen de se sortir d’affaire. Je pense que la meilleure configuration doit être à 3 ou 4 joueurs. Je ne sais pas s’il y a une mise en place particulière à 2 joueurs, en tout cas il parait que le mode solo (oui il y en a un aussi) n’est pas facile du tout.

En tout cas j’ai passé un super moment pendant cette partie, nous n’avons fait que 3 tours sur les 4, et je pense que j’aurais été éliminé car j’étais loin du sommet du Palais, il aurait fallu que je ne fasse que grimper au dernier tour et je ne sais pas si j’y serais arrivé. Le jeu est exigeant comme j’aime, facile à expliquer, à prendre en main, mais quelle profondeur.

Allez faire le Late Pledge, surtout que vous pourrez récupérer votre boite à Essen. Je ne pense pas que vous serez déçu, en plus la version Deluxe a l’air simplement magnifique.

Encore une bonne pioche de Games Brewer !

 

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