Enchanters : L’enchanteur renait de ses cendres !

Un jeu de Rafal Cywicki
Illustré par un paquet de gens talentueux
Edité par Gindi et Mystic Games (Phoenix Line)
De 1 à 4 joueurs / 30 à 60 minutes / 12 ans et plus (mais en vrai à partir de 10 ans sans souci)

Disponible à $115 chez Mythic Games

Article écrit par BDPhilou

L’enchanteur renait de ses cendres !

« Enchanters » est sans doute un jeu dont vous avez entendu parler. En effet, il y a de cela quelques années, l’éditeur GINDI nous proposait une campagne Kickstarter pour promouvoir ce jeu. La boite de base contenait huit paquets de cartes représentant les objets magiques et les ennemies propres à huit clans : Voleurs, barbares, gobelins ou adorateurs, entre autres. En effet, le jeu ne se compose que de cartes. Du coup, de nouvelles extensions sont apparues (dont Overlords) avec toujours plus de possibilités offertes aux joueurs.

Aussi agréable soit-il, le jeu avait tout de même 2 défauts : impossible de le trouver en magasin et la VF n’existait pas ! Bref, le jeu n’avait pas les armes pour être implanté correctement, en France notamment. Voyant clairement le potentiel du jeu, Mythic Games s’est associé à GINDI pour proposer une version clairement augmentée d’Enchanters dans leur nouvelle gamme : La Phoenix Line. Celle-ci a pour but de faire revivre des projets Kickstarter tout en y apportant une plus-value non négligeable.

Magicien bodybuildé !

Evidemment, qui dit Mythic Games, dit Kickstarter ! Cependant, pour justifier ce nouveau tirage, il fallait proposer plus et mieux. C’est dans cette optique que le jeu proposé aujourd’hui est clairement haut de gamme.

Pour commencer les huit peuples de base sont désormais accompagnés des 3 extensions : Overlords, Odyssey et de la toute nouvelle EastQuest… soit un total de 34 peuples (plus de 1000 cartes !)

Outch, il y a de quoi faire … sans compter la brouette de cartes « Village » et « Maitre Suprême ».

Clairement, la rejouabilité a été le maitre mot de cette édition. En plus d’être magnifiquement illustrées, les cartes sont de belle qualité et plongent dans l’ambiance « magique » du jeu.

A cela s’ajoute le fait que l’ensemble des tokens en carton (toujours disponibles dans la boite) sont désormais remplacés par leur équivalent en plastique 3D. Pour le coup, si les jetons de la monnaie du jeu passent mieux dans leurs formes de cristaux, j’ai été moins convaincu par les jetons « blessure » qui me sont apparus un peu moins lisibles… mais rien de grave.

Personnellement, ce qui m’a le plus impressionné, c’est la qualité des tapis en néoprène inclus dans la boite. Celui du « plateau » central est grand et très bien agencé : les cartes glissent littéralement dessus. Idem pour les 4 petits tapis individuels qui ajoutent un confort de jeu non négligeable. Et tout ce beau matériel rentre dans une grande boite parfaitement pensée pour contenir tout le matériel (même les cartes sleevées et l’ensemble des tapis !). De plus, il reste de la place pour les futures extensions.

Et au milieu coule une rivière

N’ayant pas connu Enchanters avant de recevoir la livraison de ce KS, j’ai donc pu le découvrir sous ses plus beaux atours et en VF intégrale. Le matériel s’installe très vite :

  • Mélanger 4 paquets de peuples puis choisissez un village et un Maitre Suprême.
  • Posez le tout sur les endroits indiqués sur le tapis de jeu et c’est parti

(il faudra tout de même opérer une petite manipulation supplémentaire pour s’assurer que les ennemies n’arrivent trop tôt dans la partie). Chaque joueur dispose donc d’un tapis de jeu sur lequel sont posées 2 cartes : « Poing » et « Enchantement ».

Au centre de l’air de jeu, les joueurs peuvent voir distinctement une rivière composée des 6 premières cartes de la pioche composée des 4 peuples mélangés.

En début de partie, seules des armes (symbolisées par une icône « enclume ») et des enchantements (symbolisés par une icône « Œil ») sont disponibles. Suivant la position dans la rivière, le prix des cartes évolue de zéro à cinq cristaux.

Un tour de magie !

A son tour, le joueur actif doit choisir parmi 4 possibilités :

  • Acheter l’une des cartes disponibles dans la rivière et l’attribuer à son poing ou à son enchantement. Il en paye le coût et s’empare de la carte. Chaque carte ainsi posée ajoute généralement des points d’attaque et/ou de défense. Ainsi, l’accumulation de cartes ne fera, en théorie, qu’augmenter la puissance générale de son personnage. Sans compter que ses cartes ajoutent également des pouvoirs… Mais attention, au fur et à mesure que l’on ajoute des cartes, les unes par-dessus les autres, certains pouvoirs et aptitudes se font « écraser » et ne sont donc plus utilisables.
  • Combattre un ennemi ou un dragon. Pour cela, le joueur achète l’une des cartes mentionnées dans la rivière et compare sa force et sa défense à l’attaque de sa cible. On ne peut acheter ce type de cartes que si l’on est certain de gagner le combat. Le joueur applique les éventuels malus reçus (indiqués sur la carte et/ou les blessures reçues) et la place dans une zone réservée. Tous les ennemis vaincus rapportent des points de victoire en fin de partie.
  • Se reposer : Les possibilités de cette action dépendent du village qui est en jeu pour la partie en cours. Généralement, ceci permet de se guérir, d’obtenir des cristaux ou d’ajouter des points à une attaque. Les villages proposent également un scoring propre la fin de partie.
  • Défier le Maitre Suprême : Si le joueur remporte le combat, il récupère un jeton lui accordant des pouvoirs ou des points de victoire en fin de partie. A noter également, que le Maitre Suprême réagit lorsque que des ennemis se retrouvent dans la défausse générale. Ceci déclenche un effet souvent négatif pour les joueurs.

Les plus

  • Une V.F. intégrale,
  • Une mise en place rapide,
  • Une foule de peuples offrant un rejouabilité sans fin,
  • Un mode solo et un mode coopératif inclus et réussis,
  • Très facile d’accès (jouable sans souci à partir de 10 ans),
  • Des illustrations super classes,
  • Le tapis central et les tapis individuels tellement agréables au toucher,
  • Une big box permettant de tout ranger (y compris les tapis !) et prévoyant de la place pour les futures extensions,
  • Enchanters Companion : Une petite application gratuite et optionnelle permettant de générer aléatoirement des mises en place ou encore de gérer l’automa en solo,
  • Normalement, prochainement disponible en magasin (dans une version forcément moins fournie).

Les moins

  • Le texte des cartes écrit en petit.
  • Les intercalaires trop petites pour classer convenables ses cartes… MAIS Mythic Games s’est engagé à en envoyer de nouvelles à tous les plédgeurs ! Problème réglé donc et BRAVO pour l’initiative.
  • Des jetons en 3D pas toujours plus lisibles que leurs homologues en carton classique.
  • Au vu de la taille de la boite, le jeu est forcément difficilement transportable.

Abra Carta Bra !

Enchanters : Deluxe Box étonne forcément lors du premier contact : une belle boite, bien remplie de cartes magnifiques et un matériel qui flatte la rétine. A cela s’ajoute des règles -c’est un comble- presque déconcertantes tant elles sont limpides et vite assimilées. D’ailleurs, si vous les trouvez trop simples, sachez que la multitude de peuples, de villages et de Maitres suprêmes proposée aura tôt fait de vous convaincre que le renouvellement est bien présent. C’est d’ailleurs principalement sur cette quantité de mélanges que se trouve la vraie profondeur du jeu, bien plus que sur sa mécanique brute. Il ne faut donc surtout pas hésiter à être curieux de tous les peuples et à les mixer sans modération. Tout le plaisir du renouvellement des parties d’Enchanters se trouve ici.

Au niveau des sensations de découverte, j’ai ressenti un peu la même curiosité que la 1ère fois que j’ai ouvert ma boite de base de Dominion il y a des années de cela. Si les deux jeux n’ont rien à voir mécaniquement, ils ont tout de même 3 points communs : Un matériel presque exclusivement composé de cartes, des parties courtes et des règles tellement simples qu’elles permettent aux joueurs de créer librement leur propre aventure. Clairement, on sent la volonté de Mythic Games d’avoir voulu magnifier le jeu de Gindi en y apportant leur expertise.

De plus, il faut tout même applaudir des deux mains et des deux pieds le fait que les éditeurs ont écouté les retours des joueurs et enverront gratuitement à chaque participant les intercalaires qui posaient problèmes. Etonnement, je conseillerai ce jeu aux nouveaux venus dans le monde du jeu de société modernes. En effet, si cette grande boite peut impressionner, son contenu est tellement accessible et vite installé qu’Enchanters fera tomber toutes les barrières psychologiques que la plupart des jeux de ce type peuvent imposer à un néophyte fébrile. D’ailleurs, je le conseille également si vous souhaitez y jouer avec vos enfants ou des ados (pour peu qu’il accroche à l’univers).

Disponible à $115 chez Mythic Games

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