Interview de David Greault (Auteur du jeu de société Pas Touche chez Atalia)

Interview de David Greault (Auteur du jeu de société Pas Touche chez Atalia)

Interview menée par BDPhilou 

1/ Salut David, peux-tu te présenter en tant que joueur et auteur auprès de nos lecteurs (ton parcours de joueur et tes envies de création) ?

Je m’appelle David Gréault. Comme beaucoup, j’imagine, je jouais aux jeux de société quand j’étais jeune, avec ma petite sœur : destin, monopoly, attrape souris… puis à ladolescence, j’ai perdu de vue les jeux de société. Je ne saurais dire pourquoi. Ma sœur, la richesse des jeux de l’époque ? Ou simplement le fait que je jouais beaucoup au foot avec les copains… la découverte de la Game Gear ? Le seul jeu auquel je jouais de temps en temps, c’était le tarot avec mes grands-parents surtout. J’adorais ça ! Ensuite, travail, vie de famille, des enfants. A côté de ça, je ne savais pas que des nouveaux jeux de société sortaient, dans mon dos.

Je m’en suis rendu compte un jour où je voulais acheter des jeux/jouets pour mon grand pour son anniversaire. Et là, sur leboncoin (désolé pour la pub), je découvre des jeux que je ne connaissais pas, comme les aventuriers du rail, et surtout d’autres, comme les jeux Tilsit. C’était la fin de leur vie de mémoire. J’ai donc cherché des infos sur ces jeux, et forcément, je suis tombé sur Trictrac.

Je me prends au jeu, et j’en commande quelques-uns sur ce site d’occasion, au même vendeur, pour essayer : Skaal, Leonardo da Vinci, Himalaya et Key Largo. Je m’en souviens encore… Je trouve ces jeux beaux, et plutôt bons. A ce moment-là, on adore jouer à Himalaya et Key Largo. J’adorais Leonardo, mais c’était un poil plus compliqué pour le sortir. Enfin bref, c’est donc à ce moment-là, il y a une quinzaine d’années je crois que j’ai découvert tout ce nouveau monde. Et ça tombait bien, car, à cette période-là, je ne jouais plus beaucoup aux jeux vidéo. J’aimais surtout y jouer entre potes, dans la même pièce : Fifa, jeux de courses…

mais depuis l’arrivée de l’internet haut débit, les jeux se jouent en solo, de chez soi. Et ce n’est pas ma conception du jeu. J’ai besoin d’affronter quelqu’un, de rigoler, d’échanger, de chambrer. C’est pour ça aussi que j’adore le sport. Du coup, j’ai complètement arrêté de jouer à la console, je n’aime pas cette conception de jouer seul ou avec du monde à distance. Le comble tout de même, c’est que cela a coïncidé avec l’arrivée des grands écrans plats. A l’époque, beaucoup de jeux se jouaient en écran splitté. Sur des téléviseurs beaucoup plus petits qu’aujourd’hui. Et du jour au lendemain, même les jeux de courses de voitures, ne se jouaient plus sur le même écran. Alors que les écrans sont beaucoup plus grands qu’avant. Le multijoueur online a pris la place.

Donc très content d’avoir pu re-découvrir les jeux de société, qui me permettent de jouer avec du monde, en réel. Ensuite, mes envies de création ? Pas très longtemps après justement. J’ai l’idée de 3 jeux. Un jeu de rapidité et 2 jeux un peu stratégiques avec des cartes, mais familiaux. Je me mets donc à bricoler des cartes comme je peux. Un des 3, « T’es pas d’ma bande » ne tourne pas comme je veux. Donc je le mets de côté. Le second, « L’île des dragons », fonctionne, mais il faut que je change à ce moment-là quelques points de règles, pour l’équilibrage et pour qu’il tourne bien. J’en suis très content encore aujourd’hui, car il se joue encore pas mal entre amis ou en famille. Enfin, le 3ème, « pas toucher » (l’ancien nom de Pas touche). Mon but n’était pas de les faire éditer, c’était juste pour y jouer entre nous.

2/ Ton actualité, c’est l’édition de ton jeu « Pas touche » chez Atalia, peux-tu nous expliquer son principe ?

Déjà, c’est un jeu d’ambiance, jeu d’observation, de rapidité, de dextérité avec un peu de mémoire et de fumage de cerveau Un joueur lance 2 dés, et le premier à toucher la carte correspondant à l’association des 2 dés marque un point. OK, bon, rien de transcendant jusque-là. En revanche, avant de commencer la partie, chaque joueur va s’auto évaluer et va choisir un des 16 niveaux de difficulté pour la partie. Il piochera alors 3 cartes menu correspondant au niveau choisi. Tout le monde peut avoir un niveau différent s’ils le souhaitent. Ces cartes serviront de piste de score personnelle mais aussi nous annonceront des contraintes personnelles tout au long de la partie. En effet, à chaque fois que je découvre une carte, une ou plusieurs nouvelles contraintes m’empêcheront de marquer des points si celles-ci sortent sur les dés. Mais attention, je pourrai quand même empêcher les autres joueurs de marquer des points en utilisant mon autre main. Le cerveau peut vriller, rentrer en ébullition malgré le type de jeu. Et tout ça rend le jeu très drôle. Il faut juste se laisser tenter de l’essayer Les gros avantages du jeu : la rejouabilité pour un jeu de rapidité. Les plus forts peuvent jouer avec les moins forts. A la fin de chaque partie, un système d’équilibrage indique qui va monter ou descendre de x niveaux. De plus, les contraintes permettent aux joueurs « largués » de pouvoir remonter dans la partie. Voilà, c’est rapide à expliquer en réalité

3/ Comment est née l’idée de base de « Pas Touche » ?

Il a été créé car on jouait parfois à Jungle Speed à ce moment-là. Et j’étais tellement frustré de perdre contre ma femme notamment. Ce sont souvent, voir presque toujours les mêmes qui gagnent. Ensuite, c’est rangé dans un tiroir car c’est moins drôle à force. Je me suis donc mis en tête, de créer un jeu de rapidité mais dont chaque joueur a sa chance de gagner.

4/ Personnellement, j’ai particulièrement apprécié la manière avec laquelle tu as équilibré la difficulté en fonction des joueurs. Ainsi, des joueurs aguerris et néophytes à « Pas Touche » peuvent s’assoir à la même table sans que l’un écrase l’autre. Comment est apparue cette idée ?

Justement, comme je l’indiquais juste avant, je voulais que tout le monde ait ses chances, ou tout du moins, puisse marquer quelques points. Ne pas passer toute la partie à ne rien faire. Ma première idée, c’était de créer des contraintes. Comme celles qui existent aujourd’hui dans le jeu actuel. L’idée, c’était que plus la partie avançait, plus ce serait difficile pour les joueurs qui sont en train de gagner. Afin que les autres joueurs puissent revenir dans la partie. J’avais des cartes avec une contrainte, et d’autres avec 2. Il y a donc 13 ou 14 ans, Pas touche existait déjà, mais avec seulement 2 niveaux de difficulté. Soit les joueurs « adultes » jouaient avec 3 cartes comprenant 2 contraintes chacune, soit les « plus jeunes » prenaient des cartes avec une seule contrainte chacune. Ce n’est que bien plus tard, quand j’ai commencé à le ressortir il y a environ 4 ans, que j’ai rajouté des niveaux intermédiaires avec un mix de cartes avec 1 ou 2 contraintes.

5/ Nous nous sommes rencontrés à plusieurs occasions. Dernièrement c’était début octobre 2025 au festival Arpajeux d’Arpajon. Tu es très attaché aux rencontres avec le public ?

Oh oui, j’adore ça. J’adore rencontrer les joueurs, expliquer les règles, mettre l’ambiance, animer les parties, mettre à l’aise et chambrer un peu Tout le monde est génial, les gens sont top. Moi qui suis d’un naturel réservé, on me dit souvent que ça ne se voit pas quand je joue, ou quand je montre mes jeux. Je suis très taquin et j’aime blaguer. C’est autre chose quand je dois le pitcher à un éditeur. J’adore aussi l’ambiance des festivals. C’est familial, bon enfant. Et ça va bien avec les jeux que je présente. Je n’ai découvert ça que récemment, mais maintenant, je kiffe. Et puis, je t’ai rencontré.

6/ As-tu d’autres projets en cours ?

Oui, bien sûr ! Il y a tout d’abord, Crazy Dice, que quelques joueurs connaissent depuis plus d’un an maintenant. J’ai remporté Ludinord en 2025, 2ème à Orléans en 2024 alors que le jeu venait tout juste d’être créé.

Depuis, je suis invité sur des festivals pour le présenter. Mais, aujourd’hui, nous travaillons avec un éditeur pour savoir quelle stratégie adopter pour sa sortie. Je suis très content de ce jeu, de l’engouement autour de lui depuis que je l’ai présenté la première fois. J’ai hâte ! Je suis content de l’éditeur avec qui j’ai accepté de collaborer. J’espère que lui aussi. Nous sommes sur la même longueur d’ondes, et j’ai surtout mon mot à dire. Ça fait extrêmement plaisir.

Ensuite, j’ai L’île des dragons, dont j’ai parlé un peu plus haut, que j’aimerais un jour voir sortir. Ça me ferait tellement plaisir. Faut juste que je le présente aux éditeurs. Puis, j’ai une gamme de jeux en temps réel avec des dés. Chrono Dice. J’adore tellement y jouer. Un jeu de tennis, un jeu de labyrinthe, un jeu dans l’espace, dans une ferme, etc. les versions tennis et espace, je pourrais y jouer tous les jours. Je ne sais pas encore à qui les présenter, peut-être Arkadia Studio car il y a une petite application de chronomètre. Actuellement, je suis aussi sur un jeu avec mon fils de 10 ans. Dicy conquest. Il aime beaucoup y jouer, mais on travaille beaucoup sur l’équilibrage car il me demande toujours de rajouter tel ou tel personnage ou créature. Trop content de partager ça avec lui. Dicy est une autre gamme de jeux autour d’un système de jeu de base. Ça marche bien. Dont notamment Dicy boom. Puis des dizaines d’autres. Ça n’arrête pas de tourner dans ma tête. Faut juste trouver le temps…

7/ Avant de nous quitter, as-tu un message particulier à délivrer à nos lecteurs ?

Profitez de la vie, Amusez-vous ! Si c’est autour des jeux, avec vos amis, votre famille ou vos collègues, c’est top ! C’est une activité qui réunit, que tout le monde peut pratiquer.

Merci pour tes réponses David !

Interview menée par BDPhilou 

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