Daitoshi : le jeu de société expert de ce début 2026

Daitoshi : le jeu de société expert de ce début 2026

 

1–4 joueurs, 14 ans et +, 120 Min
Complexité BGG : 3.94 / 5
Auteur: Dani Garcia
Illustrateur: Marina Vidal
Editeur: Devir (Pixie pour la VF)
boite presse.

Daitoshi est disponible dans nos boutiques partenaires Ludum et Philibert

La gamme Kemushi

C’est sur le site de l’éditeur original, DEVIR, que nous avons l’explication de la gamme. La saga Kemushi est un univers thématique unique pour jeux de société où esprits et humains coexistent, maintenant un équilibre entre chaos naturel et ordre artificiel. Cet univers est connecté à travers différents jeux qui partagent une histoire centrale, stimulent l’imagination et proposent des illustrations remarquables.

Dans cette gamme, on retrouve les jeux suivants :

J’ai d’ailleurs Bitoku (traduit chez Iello) et Daitoshi (traduit chez Pixie Games).

Devir informe sur cette page que la gamme se verra enrichie d’ici quelques mois/années.

Introduction à Daitoshi

« Daitoshi n’est pas un jeu qui consiste à construire une ville ; c’est un jeu qui traite des conséquences de la construction d’une ville, et ces conséquences devaient être perceptibles à la fois à la fin du jeu et pendant le jeu, ce qui représentait un défi de taille. »
— L’auteur, Dani Garcia

Le défi est relevé Mr Garcia 🙂

Car dans Daitoshi, plus vous faites d’actions (construire, électrifier, …), plus la nature s’efface et plus les esprits sont mécontents. L’abus vous fera clairement perdre la partie, soyons très clairs. Pour les apaiser, il faudra construire des bâtiments qui leur rendent hommage comme des temples. Le thème de la gamme est donc respecté dans le pitch et aussi dans le jeu donc.

Daitoshi oppose donc progrès industriel et préservation écologique dans un monde steampunk inspiré du folklore japonais (oui oui, rien que ça et ça rend bien !). Il faudra donc :

  • développer votre industrie et la ville grâce à vos ressources

  • équilibrer progrès / nature pour éviter les malus des esprits

Les règles dans les grandes lignes détaillées

oui je sais le titre ne veut rien dire… je pensais faire court au début lol Mais quand on tire la ficelle…

Je m’excuse d’avance pour le vocabulaire du jeu, j’ai appris à y jouer sur une VO/VF fan made puis Pixie m’a envoyée le jeu en VF officielle 🙂

Bref, allez ! Go !

Daitoshi propose 4 pistes de couleurs différentes en référence à 4 types de Contrées Sauvages et aux Esprits qui les occupent. Sur ces pistes, il y a des tuiles qu’on récupère quand on fait l’action correspondante, les tuiles prises font ainsi de la place pour que nos marqueurs de pistes avancent. Chaque piste score différemment en fin de partie.

  • la fin de partie est déclenchée quand l’une des tuiles prises dévoile le symbole de fin de partie (logiquement celle de l’avant dernière case). Chaque joueur jouera autant de tours que les autres 🙂

Parlons maintenant du cœur du jeu quand même !

Daitoshi propose du déplacement d’ouvrier ET de la pose d’ouvriers. J’explique.

Votre tour de jeu ressemble à ça :

SOIT vous produisez (ce qui déclenche aussi une production chez les adversaires avec moins de bonus)

SOIT vous jouez sur le plateau : vous déplacez votre Chef et vous posez les ouvriers sur le quartier d’arrivée.

Avant de parler de ce qui se passe sur le plateau, abordons la production.

Si vous produisez (ou qu’un autre joueur produit) : tout le monde produit (l’initiateur de la production gagnera quand même des bonus très intéressant par rapport aux autres joueurs).

Attention, un joueur ne peut pas déclencher 2 fois de suite la production. Pour ceux qui se posent la question, l’engrenage en bas à gauche du plateau personnel sert à se souvenir si on a fait une production au tour précédent.

Si vous jouez sur le plateau :

  • Vous déplacez votre Chef de quartier en quartier dans le sens horaire (les deux premiers quartiers sont gratuits, les autres vous couteront chacun 1 vapeur).
  • Sur le quartier d’arrivée, il faudra vous poser à un emplacement autorisé. Vous pourrez alors placer un ou plusieurs meeples (ouvriers) de la couleur imposée sur les emplacements prévus à cet effet (s’il y a déjà des meeples, vous pourrez les virer si vous payez lol). Les ouvriers ainsi placés permettront de débloquer chacun un bonus. Si EN PLUS, dans le quartier se trouve la MEGA MACHINE, vous pourrez y placer un ouvrier pour bénéficier de son ou ses bonus. [ il y a un choix supplémentaire sur la méga machine que j’explique plus bas ]
  • Ensuite, vous prenez la Tuile Contrée Sauvage associée au quartier et vous la mettez sur le bord gauche de votre plateau personnel et vous obtenez généralement un meeple de la couleur associée et une ressource.
  • Ensuite, vous faites l’action du quartier. (ou l’action de la méga machine si elle se trouve dans le quartier)
  • Et surtout , surtout n’oubliez pas d’activer la tuile Voyage associée à l’action (si vous avez fait le voyage correspondant dans les tours précédents), j’en parle un peu plus loin.

Voici un exemple de tour (plutôt simple, sans le voyage ni la méga machine)

Les emplacements gris hexagonaux de Tuiles Contrées qu’on voit à côté des Energies (A) sont remplis au moment où l’on construit l’extension de quartier, cf l’action de construire. (là ils sont vides pour des raisons de lisibilité)

Les tuiles Contrées Sauvages, que vous mettez sur votre plateau personnel, s’empilent à l’emplacement correspondant. A la fin de votre tour, si 2 tuiles de même couleur sont présentes, vous allez devoir retourner une tuile de configuration de votre plateau (ça rend les choses beaucoup plus compliquées pour vous, l’esprit vous maudit ! ). Chaque type de tuiles Contrées Sauvages est relié à un malus sur votre plateau personnel.

Voici le pire qui puisse vous arriver, et croyez moi autant l’éviter !

Pour vous défausser de vos tuiles Contrées Sauvages (Esprits), il faudra construire des extensions dans les quartiers et ainsi gagner le bonus de l’esprit apaisé 🙂 cf action de construire. C’est trop beau. J’adore ce thème !

Maintenant voyons les actions : 

Action Joker : vous pouvez choisir l’action de votre choix ! Mais si vous observez le plateau, cette action vous donne DEUX tuiles contrées sauvages. Donc il ne faut pas y aller trop souvent.

Action Invention : cette action vous permet de récupérer des tuiles de Production pour votre machine (plateau personnel) en dépensant les onigiris demandés. Si vous n’achetez qu’une seule tuile, vous pourrez gagner son bonus immédiatement, si vous en achetez deux, vous ne pourrez pas le faire. Une fois payée(s), cette ou ces tuiles iront sur votre plateau personnel et serviront pour la production.

Action Renover un quartier / construire une extension : cette action permet de construire / de compléter les quartiers. Elle est extrêmement importante car elle vous permet de vous défausser des tuiles Contrées Sauvages en plus d’avoir quelques bonus non négligeables au passage 🙂

Evidemment, on peut construire où l’on veut tant qu’on respecte l’ordre. D’abord la première extension (qui coute 2 briques) puis la seconde (qui coute 4 briques)

Action Electrifier un quartier :  cette action permet de retourner une tuile quartier sur sa face la plus avantageuse et en plus vous gagnerez des bonus évidemment.

Reprenons le quartier qu’on vient d’étendre.

Action Voyager / Commercer : cette action permet de bonifier certaines autres actions 🙂 (oui on bonifie partout ici). Vous allez choisir une ville et dépenser autant de vapeurs que vous souhaitez pour obtenir les faveurs de la ville. Et parmi ces faveurs, il y a justement le fait de placer un drapeau pour bonifier l’action correspondant à la ville. Cette bonification n’aura lieu qu’une fois, après quoi vous perdrez votre drapeau et faudra revenir le placer pour rejouer cette bonification.

Action Mega Machine : en plus de pouvoir mettre des meeples sur la méga machine si elle se trouve dans votre quartier, vous pouvez aussi ne pas faire l’action du quartier et choisir l’action Contribuer à la Mega Machine. La méga machine vous propose des tuiles de Production fabuleuses et très chères ! MAIS et ça c’est tellement injuste, vous devrez remplacer une de vos tuiles Production par celle de la Mega Machine. Votre tuile production ira combler la méga machine et vous gagnerez des bonus dignes de ce nom.

Note: il y a 5 méga machines proposées dans la boite 🙂 

Et voilà !

Je vais rapidement parler aussi des chapeaux (le prestige), de la réputation et de l’asticobus 🙂

Le prestige (Chapeau) et l’Asticobus tournent en rond au centre du plateau pour apporter des bonus à chaque fois que vous déplacez l’un ou l’autre. Le prestige se gagne avec l’électrification. L’asticobus lui se déplace souvent grâce aux ouvriers. Cela donne encore des bonus vraiment sympas lors de son tour.

Sur votre plateau personnel se trouve aussi la réputation qui avance à 2 PV, 3 PV, 5 PV puis 7 PV. Le prestige la fait évoluer, l’asticobus permet de la scorer (il faut donc faire avancer les deux) 🙂

Il y a un autre point que je voudrai souligner c’est la vapeur : Sans vapeur dans un univers Steampunk, c’est comme aller à un concert où personne ne joue ! Donc faites très attention à bien gérer votre vapeur et elle s’obtient dans ce jeu en gagnant de l’eau ou du charbon et selon votre niveau d’eau / charbon vous gagnerez de la vapeur.

Les moins

  • Le plateau central est peu lisible, il faut prendre l’habitude.
  • Les joueurs qui ne pensent qu’aux PV vont devoir jouer avec la variante officielle afin d’éviter de produire trop pour juste obtenir les PV.
  • La première partie peut être douloureuse car il y en a dans tous les sens, la lisibilité n’aide pas mais on finit par s’habituer.
  • La mise en place est un peu pénible avec surtout les tuiles de Contrées Sauvages.
  • Déconseillé à 4 car un peu longuet

Les plus

  • Chaque tour est satisfaisant (Si vous jouez bien et si vous avez le bon tempo !)
  • Trouver l’équilibre entre les esprits et les actions. Dans ce jeu, vous ne faites pas ce que vous voulez, la nature vous rattrape si vous abusez. C’est cette constante balance entre Nature et Construction que j’adore dans ce jeu. Ce n’est pas un « bête » jeu de pose d’ouvriers. Non il faut apaiser les esprits tout en continuant d’exécuter les actions les plus prolifiques, et le gagnant sera celui qui aura trouvé l’équilibre avant le gong !
  • Le jeu est original. La vapeur (ressource majeure du jeu) s’obtient selon le mouvement que fait votre jeton cheminée (dépendant du gain en eau ou en charbon), j’adore ce mécanisme car ajouter de l’eau alors que vous en avez assez ne vous donnera pas de vapeur ! Là encore l’équilibre est à trouver : gagner de l’eau puis du charbon est la bonne stratégie mais encore faut il pouvoir le faire.
  • Il peut être punitif : si vous manquez de vapeur, vous pourrez ni avancer où vous souhaitez ni produire. Vous perdrez alors plusieurs tours pour vous remettre à flot et en plus les esprits ne vous rateront pas. Une fois qu’on sait utiliser la cheminée, on gagne en maitrise du jeu.
  • Les plus débrouillards ne grinceront pas des dents à cause des emplacements occupés. C’est jouissif quand c’est nous qui bloquons, c’est rageant quand c’est nous qui sommes bloqués lol
  • J’adore qu’on puisse déplacer son Chef PUIS poser des ouvriers de la couleur imposée pour avoir d’autres actions / bonus en plus de l’action du quartier.
  • L’émotion est forte quand vous jouez une action bonifiée grâce à plusieurs ouvriers avec en plus le bonus du voyage. C’est comme si vous arriviez en haut de l’Everest.
  • Le rythme du jeu est assez dynamique car les actions sont rapides quand on est habitué. Attention à cependant ne rien oublier dans votre action (se déplacer, poser des ouvriers pour les bonus, puis prendre la tuile contrée puis faire action, et au passage prendre du prestige ou avancer l’asticobus, sans oublier le drapeau qui pourrait vous donner encore un bonus unique selon l’action effectuée : il y a beaucoup de choses)
  • Un matériel de dingue !
  • Les règles sont assez simples à apprendre (contrairement à ce qu’on pense) et la profondeur confirme l’appartenance du jeu à la gamme expert.

Conclusion

On peut reprocher pléthores de bonus / combos qui nous perdent surtout à la première partie, mais que c’est bon d’enchainer les actions et d’apaiser les esprits tout en ayant préparer les ressources pour le tour suivant.

Le lore est cohérent, le thème est respecté, la mécanique est extrêmement bien pensée : déplacement du Chef puis pose d’ouvriers sans oublier la colère des esprits qu’il faut apaiser. Ca m’a rendu folle… de joie. Daitoshi m’a comblée dès la première partie que j’ai ratée comme une marche trop haute.

C’est ce cocktail de vigilance et d’adaptation aux adversaires, à leurs déplacements, à leurs ressources, aux esprits qu’on contrarie, aux ouvriers qu’on n’a pas sans oublier les voyages, qui me fait rejouer encore et encore. Les règles ne sont pas compliquées, mais savoir maitriser ce jeu demande une belle concentration et des neurones bien connectés. BGG ne mentait pas sur la complexité (3.94 / 5) et d’une partie à l’autre, vous serez toujours en difficulté à un moment.

Je sais qu’il y a de nombreux jeux (pépites) experts sur le marché et pourtant, penchez vous sur Daitoshi car il a une proposition originale (avec sa gestion de la vapeur, avec sa mécanique de déplacement puis pose, et avec ses enchainements de bonus qui font fumer le cerveau comme une machine prête à exploser). Vous ne serez pas déçus.

Mention spéciale à la traduction de l’Asticobus (on l’aime) 🙂 Merci à Pixie pour cette fabuleuse VF.

Rappel des caractéristiques du jeu

1–4 joueurs, 14 ans et +, 120 Min
Complexité BGG : 3.94 / 5
Auteur: Dani Garcia
Illustrateur: Marina Vidal
Editeur: Devir (Pixie pour la VF)
boite presse.

Daitoshi est disponible dans nos boutiques partenaires Ludum et Philibert

 

Allez plus loin ?

C’est le chapitre qui m’a donné le plus de mal car si vous voulez aller plus loin, il faut revenir à la gamme Kemushi évoquée avant l’introduction.

Mais je vais plutôt parler du Kappa que vous voyez sur la tuile Contrée Sauvage de l’eau. Il m’a rappelé un bon dessin animé : un été avec Coo 🙂

« Kôichi, jeune écolier en quatrième année de primaire, découvre une pierre bien étrange dans le lit asséché d’une rivière et la rapporte à la maison. Alors qu’il décide de laver ce précieux trophée, un étrange animal en sort. Surprise, c’est un kappa, un esprit de l’eau. La famille de Kôichi appelle ce kappa Coo et décide d’en prendre soin. Toutefois, la rumeur de la présence de Coo ne tarde pas à se propager et toute la ville ne parle plus que de lui. »

On échangera quand vous aurez récupéré de ce tsunami émotionnel animé.

J’espère que l’article vous aura plu 🙂

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