NETA TANKA : Un indien dans la hutte.

Langue(s) : Français, Anglais
Auteur(s) : Hervé RIGAL
Illustrateur : Quentin Regnes
Éditeur : La Boite de Jeu
1 à 5 joueurs, 90 minutes, 14 ans et +
49,50 € chez Philibert

Neta tanka c’est le jeu dont on entend beaucoup parler en ce moment surtout depuis que les oiseaux de Wingspan ont rejoint le nid. On en avait eu un aperçu très lointain à Cannes. Aussi lorsque la boite nous est parvenue, on s’est jeté dessus.

Balançons donc le pitch en pâture à vos yeux affamés :

« Affamées nous ? Nooooon…. »

Le long de la Grande Rivière Gelée, vit la tribu des Frostrivers. Ses membres vivent en harmonie avec la Nature. La tribu obéit aux lois des Quatre Anciens, eux-mêmes dirigés par le plus vénérable des Anciens : le Neta-Tanka. 

Au crépuscule de sa vie, il réunit tous les Clans de la Tribu des Frostriver pour désigner son successeur. Durant cette cérémonie, chaque clan présente un jeune chef qui devra montrer sa générosité et sa capacité à pourvoir aux besoins des siens, pour devenir le nouveau Neta-Tanka !

A l’ouverture, le matériel est correct si ce n’est les plateaux joueurs qui sont en ce que j’appelle du papier cartonné (façon Terraforming Mars et autres châteaux de bourgognes.) A ne pas laisser au chaud sinon ça va corner.  Le plateau propose un côté été (facile) et un côté hiver que j’ai un brin trop chargé mais cessons de chipotouiller.  Le côté hiver est un mode plus difficile (par exemple il faudra deux actions au lieu d’une pour réaliser une hutte). La partie mécanique du plateau est vraiment bien faite et ses pictogrammes explicites du coup le retour aux règles en jeu sera très rare passé le premier tour. Règles au demeurant fort bien écrites et très pédagogiques.

 

« Le plateau : pour le barbeuk c’est en haut à gauche. »

L’installation est rapide, pas besoin de poser une demi-journée de congés.

Neta Tanka est un jeu de pose d’ouvriers globalement très classique. Chacun à son tour pose un de ses trois ouvriers sur des emplacements uniques (sauf de très rares exceptions). Il va y avoir une vraie bataille de placements, donc de prise du pion premier joueur et surtout une réadaptation constante de votre stratégie. En outre, l’originalité est de créer des liaisons entre certains lieux qui permettent de gagner de un à trois bonus à bénéficier immédiatement. Voilà qui devrait motiver le lieu de pose de vos compagnons de tipi.

 

«- Mais si bordeeeel ! Un gros jeu avec des indiens ! Tu vois pas ?

-Wakatépé Baboune ?

-Oh mais qu’il est con ! »

 

Deux emplacements (de grande valeur) vous obligeront à y laisser un de vos ouvriers pour le tour suivant. Ça peut être gênant d’autant qu’à peu de choses près à 4 joueurs vous disposerez de 30 actions. Va falloir optimiser sec.

En progressant vous pourrez acquérir la compétence de copie pour…. Copier une action déjà occupée. Pas nécessaire mais très pratique. D’autant que prendre la plume premier joueur vous octroie pour le tour suivant uniquement une capacité one shot de copie. Et vous allez vous la battre cette plume !

« Alors là Jeanine leur assos de jeux, je commence à en avoir plein la crête. Mais rendez-nous nos plumes !!!! »

 

Certaines actions permettent d’en influencer d’autres. Par exemple, si personne n’a été chassé, il n’y aura pas d’animal à dépecer. Il ne sera donc pas possible de récupérer de la peau. De même, si personne ne dépèce d’animal, il n’y aura pas de viande au fumoir.

Enfin chacun réalise ses actions.

Principalement il s’agit de récupérer des ressources pour fabriquer les éléments générateurs de PV (hutte, totem, artisanat, etc…).  Rien de neuf.

Il y a aussi une course à celui qui obtiendra  le plus grand totem. Le moins pieu de tous subira d’ailleurs une pénalité. Vlan dans les dents. D’autant que même si le totem est dur à fabriquer c’est une sacrée source de points (chez nous le gagnant a réalisé 80% de ses points avec le totem).

A la fin du dixième tour, décompte final, rangement de la boite. Apéro.

 

LA SENTENCE FINALE : Tadaaaaam !!!

Neta Tanka n’est pas un jeu familial (règles trop longues et jeu trop complexe pour entrer dans cette catégorie) mais il n’est pas un non plus un jeu expert (pas assez profond). Il faudrait presque inventer une nouvelle catégorie qui occupe l’entre deux, genre famixpert ou expilial. Du coup j’ai peur que le jeu ne trouve pas son public et que les sites d’occasions soient saturés d’ici quelques semaines. Gageons le contraire.

Le jeu n’apporte pas vraiment d’innovations majeures mais il ne se noie pas pour autant au milieu des 1500 jeux qui sortent annuellement. Il reste agréable à jouer avec un thème présent, plutôt interactif et malin par certains aspects. Cependant il reste un jeu classique de pose d’ouvriers (malgré l’originalité de l’ordre et les liens bonus).

Les quatre joueurs à ma table ont eu la même conclusion : bonne partie, mais pas nécessairement envie d’y rejouer de suite.  Mais attention nous sommes principalement des joueurs de gros gros jeux. Et celui-ci semble un peu sous-dimensionné pour nous. Nous avons particulièrement apprécié la nécessité de se remettre sans cesse en question et de faire preuve d’adaptation tout le long de la partie. 

Faudra-t-il attendre une extension pour le rendre plus expert ? Mais un bon jeu ne se suffit-il pas à lui-même ? (oui je sais on en est période bac de philo !!!).

Quoi qu’il en soit on s’est bien amusé et on a passé un bon moment.

Pour El Stefano Neta Tanka sera donc un petit oui. Pas transcendé El Stefano mais il a pris du plaisir. Un jeu qui trouvera sa place dans sa ludothèque et qui en sortira occasionnellement.


Le plateau hiver et ses indiens au repos

 

Le plateau perso. En son centre le totem monte doucement.

 

Ressources et piste de course au totem. L’orange va prendre cher !

 

L’hiver est venu. Enfin.

 

Récolte bucolique de champignons violets… Peyotl ?

 

 

El Stéfano

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